L'Editorial de Murielle MENSAH 

Le parti "Les Démocrates", a décidé  de ne pas soutenir Romuald Wadagni au prochain scrutin présidentiel. Dans le camp du dauphin de Talon, s'appuyant sur les 17% de cette formation de l'opposition aux dernières législatives, on banalise la portée de cette décision. Quel impact ce mot d'ordre du creuset de Boni Yayi, peut-il avoir le scrutin du 12 avril prochain ?

Le parti "Les Démocrates" mise sur  l'impact de son mot d'ordre de neutralité ou de boycott (c'est selon). Avec ses 17% aux dernières législatives du 11 janvier dernier, ne soutenir aucun candidat est-il significatif pour le scrutin du 12 avril 2026? 

DANS LE SILENCE DES CALCULS POLITIQUES 

Ne soutenir aucun candidat transforme le scrutin en un duel asymétrique entre le dauphin désigné de Patrice Talon et Paul Hounkpè du parti FCBE.

Avec 17% aux dernières législatives, il y a un  encore risque d'abstention surtout que le taux de participation aux dernières législatives est de 37 % . Au  parti LD, on mise sur une soustraction pour davantage creuser le taux de participation

En refusant de donner une consigne de vote, le parti de Boni Yayi, incite ses électeurs (soit près d'un cinquième de l'électorat national), dans le silence assourdissant des calculs politiques, pour donc affaiblir potentiellement la légitimité populaire du futur président élu, sans aucun doute Romuald Wadagni.

Suite à cette décision du parti "Les Démocrates", la mouvance présidentielle sous la direction de Romuald Wadagni, veut miser sur la légitimité des statistiques. 

Les 17% du parti LD aux dernières législatives, pourraient être banalisés par la mouvance, car n'étant pas un levier important pour handicaper l'élection de Wadagni.

Mieux, s'appuyant sur les scores de l'opposition aux dernières législatives ( 17% pour LD et 5% au parti FCBE), la mouvance pourrait s'appuyer sur la réalité de son chiffre percutant de  78 % de suffrages valablement exprimés à son actif lors du dernier scrutin législatif.

Revendiquer cette performance, permettra à la mouvance de se projeter pour le 12 avril prochain, avec une source de légitimité. 

Le match entre LD comme rampe du boycott et la mouvance déterminée à ne pas être ébranlée, promet de nombreuses facettes.

En politique, les consignes de vote sont des boussoles, mais le peuple souverain reste l’océan. 

Si certains s’appuient sur les 17 % ou 78 % d'hier pour prédire l’ombre de demain, ils oublient que le suffrage n’est pas une rente, mais un souffle vivant. 

Le mot d’ordre de la formation de Boni Yayi face à l’ascension de Wadagni, sera-t-il une sorte de digue face à la vague pour la victoire de l'héritier de Talon ? 

Et si le 12 avril, l’aspiration profonde d’un pays qui sait distinguer l'arithmétique partisane de la dynamique du progrès, l'emportait? 

L'Afrique en marche du 24 mars 2026 No 1143