L'Editorial de Murielle MENSAH 


Le premier gouvernement du président Wadagni, rendu public par le décret n°2026-314 du 24 mai 2026, est composé de 24 ministres. Au regard de la répartition stratégique et les pourcentages de cette nouvelle équipe, quelle grille de lecture peut-on en dégager ?

S'agissant de la présence des femmes, on peut parler d'un pourcentage de 25 %.

En effet, le gouvernement intègre précisément six femmes sur les 24 ministres nommés.


...UN POSTE RÉGALIEN AUX FEMMES

Parmi les femmes, il y a un poste régalien, donc un portefeuille clé, celui des Affaires étrangères attribué à Corinne Amori Brunet, ex ambassadeur du Bénin près la France nommée à la tête de la diplomatie béninoise.


EX MINISTRES DE TALON...

Romuald Wadagni, a choisi de s'appuyer sur la continuité en maintenant sept anciens ministres issus de l'ère Patrice Talon. C'est le cas par exemple d'Olushegun Adjadi Bakari, qui passe de la diplomatie au poste de ministre du Tourisme et du Commerce extérieur.

Outre son cas, il y a d'autres ministres du régime défunt qui conservent leur portefeuille tandis que d'autres changent de responsabilités au sein de la nouvelle équipe gouvernementale. Yvon Détchénou est toujours ministre de la Justice et de la législation, Garde des Sceaux.


Benjamin Hounkpatin demeure ministre de la Santé.

Veronique Tognifodé garde son portefeuille de ministre de la Famille et de l’action sociale 

Aurélie Soulé Zoumarou est restée à son poste de ministre de la Communication en charge des médias.

Alimatou Shadiya Assouma garde son poste de ministre du Commerce avec une nuance ( commerce interieur en charge de la formalisation de l’économie).

Enfin, Bénoît Dato demeure ministre des Sports et de l'engagement civique.


...CLIGNOTANTS POLITIQUES...

Au nombre des membres des partis politiques de la majorité (en incluant les profils politiques du Bloc républicain et de l'Union progressiste le renouveau), tout porte à croire que bien que Romuald Wadagni soit lui-même un technocrate neutre, il a tenu à faire un clin d'œil aux deux partis de la mouvance présidentielle, qui ont porté solidement sa campagne a été solidement (l'UPR et le BR).


La présence de Janvier Yahouédehou à la Décentralisation et celle de Gildas Agonkan au ministère délégué de la Défense s'inscrivent dans ce cadre.

Cette vision de Wadagni lui permet de garantir une stabilité parlementaire et institutionnelle.


 ...À L'ÉTAGE DES TECHNOCRATES

Au regard des profils des personnalités de la diaspora, il faut les données nominatives exactes sur l'origine géographique immédiate des 13 nouveaux visages pour une catégorisation administrative plus aisée.

Cependant, le profil même du président Wadagni (ancien cadre international chez Deloitte à Paris et diplômé de la Harvard Business School) insuffle une forte culture de technocratie internationale. 


Cette 1ère équipe fait la part belle aux cadres techniques de haut niveau, notamment au ministère de l'Économie et des Finances dirigé par Aristide Médenou, secondé par des ministres délégués spécialisés pour répondre aux exigences des institutions financières internationales.

À noter qu'aucune personnalité issue de l'opposition ayant rallié le président durant la campagne n'a été intégrée dans cette première équipe.


ARCHITECTURE DU PREMIER GOUVERNEMENT... 

Le président Romuald Wadagni dessine une véritable symphonie républicaine, où l'audace de la nouveauté s'unit harmonieusement à la sagesse de la continuité.

Au regard de l'architecture du premier gouvernement de Romuald Wadagni, on constate un équilibre sacré de la continuité et l'ancrage des technocrates.

En effet, les ministres maintenus de l'ère Talon incarnent la mémoire institutionnelle. Mieux, ils garantissent la poursuite des grands chantiers nationaux sans rupture. Leur présence rassure les partenaires et stabilise la trajectoire de l'État.

Quant au souffle neuf des technocrates de la diaspora, on remarque une présence de compétences pointues pour des méthodes managériales novatrices.

Cette présence des technocrates symbolise un Bénin attractif qui rapatrie ses plus grands talents. 

Quant à la force inclusive des partis politiques, Wadagni par les figures politiques, enracine l'action gouvernementale pour consolider le pacte social avec la base militante. 


Quant à la présence des femmes, la promotion au titre de chef de la diplomatie du Bénin de Corine Brunet, Ex ambassadeur du Bénin près la France, n'est plus une concession, mais une consécration du mérite.

Wadagni a réussi à briser définitivement le plafond de verre béninois avec un poste régalien aux femmes. Ce qui n'a plus été le cas depuis 2006 avec Madame Boni aux Affaires étrangères à l'ère du président Yayi.

Ce gouvernement, certes inspire. Cependant, il doit retrousser les manches pour propulser le Bénin vers son destin de grandeur.


lafriqueenmarche du 25 mai 2026 No 1188