La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE


Ils sont au sein des cercles proches du régime. Cependant, ils sont des voix très critiques qui commencent par déranger leurs mentors de chefs d'Etat. Cameroun, Nigeria, Togo, Bénin ...Et si on faisait le tour de ces 

proches du pouvoir, mais très critiques comme le font les opposants classiques?

Au Togo, Marguerite Gnakadé, ancienne ministre de la Défense appelle son beau-frère de président de la République, Faure Gnassingbé de démissionner de façon responsable. « Le pays a besoin d’un nouveau souffle après vingt ans de pouvoir sans véritable alternance », dit-elle de manière tonitruante dans une vidéo qui tourne en boucle depuis quelques heures.


...AU CAMEROUN

Issa Tchiroma Bakary, ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle et ayant fait 20 ans au gouvernement a démissionné le 24 juin dernier, donc à quelques mois de la présidentielle d'octobre. 

Pour l'ex ministre Bakary originaire du Nord/Cameroun, il dit clairement qu'il ne peut plus appeler à voter pour Paul Biya qui est selon lui : « Responsable des malheurs des populations du Nord ». 


AU MALI...

L'ex premier ministre Choguel Maïga a été placé sous mandat de dépôt hier 19 août 2025 pour présomption de mauvaise gestion.

Déjà en poste et après son limogeage de la primature, Choguel Maïga, a été une voix aux sonorités larges et fortes contre les velléités et mécanismes de confiscation du pouvoir par le régime Goïta dans une Transition sans issue.

Si le discours souverainiste et sécuritaire de Assimi Goïta fédère encore une partie de la population, la voix critique de Maïga émerge parmi les soutiens de la première heure. 

Maïga critique l’absence de perspectives claires pour un retour à la démocratie, puis pointe la lenteur des réformes économiques et sociales. 

Choguel Maïga dans le cercle proche du pouvoir, loin des murmures, a décidé de se faire entendre sur la concentration des décisions. 


...AU BÉNIN

C'est Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale au moment de la prise des rênes du Bénin par Patrice Talon qui a parlé à coeur ouvert.

Rappelons qu'avec ses prérogatives du patron du Parlement, Adrien Houngbédji a permis au régime Talon d'avoir un cadre réglementaire en phase avec ses réformes. 

Mais le 1er février 2025, Adrien Houngbédji a fait une sortie d’autant plus retentissante contre les ambiguïtés de la démocratie versus régime "Rupture".

À cette occasion, il a demandé au pouvoir Talon de libérer les détenus politiques et de permettre le retour des exilés. 


AUX AUTRES CLAIRONS DE LA CRITIQUE...

Au Nigeria, il y a eu au début de son mandat, des dissidences dans le camp de Bola Tinubu.

Élu en président du Nigeria en 2023, Bola Ahmed Tinubu, doit faire face à des critiques venant de certains élus de son propre parti, l’APC. Cette situation découle des difficultés économiques, de la dévaluation de la monnaie nationale et de la flambée des prix qui nourrissent des contestations.

Certains gouverneurs et parlementaires de l’APC reprochent au chef de l’État une politique trop brutale en matière de réformes économiques et de subventions, qui fragilise leur base électorale.

En Afrique, il y a de plus en plus des voix critiques de la mouvance présidentielle. En effet, sur le continent africain, la vie politique n’est pas seulement animée par l’opposition. 

Des voix critiques s’élèvent au sein même des mouvances présidentielles, révélant tensions internes, divergences de visions ou désaccords sur la gouvernance. 

Au-delà des cas ci-dessus cités, ces fractures internes reflètent à la fois la vitalité démocratique et les limites des régimes en place.

En clair, les majorités présidentielles n’échappent pas aux contestations internes. Plusieurs cadres, parfois discrets, expriment leur malaise face à l’incertitude liée à la gouvernance. 

Des barons des partis au pouvoir dénoncent à demi-mot une gestion centralisée, un manque de perspectives pour la jeunesse et l’absence de débat démocratique en interne. Ces voix, traduisent un malaise grandissant au sein du pouvoir.

Les débats internes, parfois feutrés, parfois publics, révèlent que la mouvance présidentielle n’est jamais monolithique. Ces contradictions traduisent aussi la difficulté, pour de nombreux dirigeants, de concilier exercice du pouvoir, réformes impopulaires et gestion des ambitions personnelles de leur entourage.


lafriqueenmarche du 20 août 2025 No 981