Le leader du Mouvement de la renaissance du Cameroun (MRC), n'a-t-il pas offert lui-même le bâton pour se faire battre par le régime Biya ?
Si Maurice Kamto et son MRC n'avaient pas boycotté les élections locales, ils ne seraient pas aujourd'hui en difficulté.
En effet, si cette figure légendaire de l’opposition camerounaise est confrontée à un nouveau défi politique, après les nombreux antécédents juridiques qui interrogent sur l’état de la démocratie et la neutralité de la justice au Cameroun, Maurice Kamto, a une part de responsabilité.
Force est de reconnaître que Maurice Kamto s'est lui-même tiré une balle dans son tympan en refusant de participer aux dernières élections locales.
ERREUR AUX CONSÉQUENCES LOURDES...
Pourtant, avec ses 14% (officieux ou officiels) à la présidentielle de 2018, soit une 2 ème place après Paul Biya, Maurice Kamto, fort de son capital politique, a malheureusement décidé de boycotter les communales.
Se disant frustré des tripatouillages orchestrés pendant la dernière présidentielle, Maurice Kamto, a boycotté lesdites élections, alors qu'il savait pertinemment qu'il faut la caution d'élus locaux pour tout dossier de candidature à la présidentielle de 2025.
Cette erreur monumentale de boycott est naturellement entrain de faire un effet boule de neige.
Incapable d'avoir son MRC comme bouclier naturel pour postuler à la présidentielle, Maurice Kamto, a été contraint d'aller se mettre sous l'ombrelle de Manidem avec toutes les conséquences de droit.
Et dans cette logique, Maurice Kamto n'a pas été vigilant pour prévoir la tactique du cerf-volant très prisée en Afrique, tactique privilégiée par les dictatures du continent pour "pétanquer" toute candidature gênante.
À qui Maurice Kamto doit-il s'en prendre aujourd'hui au regard des contingences qu'il subies, lui qui est en difficulté sur le plan politique?
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Paul Atanga Nji, le ministre de l'Administration territoriale, indomptable et grand soumis à Biya, avait prévenu Kamto récemment :« S'il n'est pas candidat en 2025, le ciel ne tombera pas sur le Cameroun. Qu'il oublie 2025 et qu'il se prépare pour 2032. ».
Cette menace à peine voilée du ministre, propulse-t-elle dorénavant Maurice Kamto dans une zone d'incertitude par rapport à son avenir politique?
Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, connu pour sa ténacité et ses prises de position tranchées, semble aujourd’hui pris dans un étau politique de plus en plus pressant.
En effet, depuis sa revendication de la victoire lors de la présidentielle de 2018, Maurice Kamto a multiplié les confrontations avec le régime de Yaoundé. Arrestations, détentions arbitraires, interdictions de manifester…
Les annales évoquent autant d’épisodes qui ont marqué son parcours et celui de ses partisans. Mais les dernières évolutions prennent une tournure plus insidieuse que la brutalité d'antan.
Avant le dépôt de dossier sous le parapluie du Manidem, des manœuvres relatives à des procédures judiciaires étaient dans le tuyau contre Maurice Kamto.
Loin de ce schéma judiciaire, le régime Biya, a préféré neutraliser un acteur majeur de l’opposition à l’approche de la présidentielle d'octobre 2025. Le Conseil constitutionnel va-t- éliminer définitivement Maurice Kamto même en cas de recours ? On croise en attendant les doigts.
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Alors que de nombreux observateurs avertis craignaient de faux dossiers contre Maurice Kamto, dossiers relatifs notamment à: « l'incitation à l’insurrection et d'atteinte à la sûreté de l’État.», le coup est venu d'Elecam.
Les analystes avisés attendaient des accusations totalement infondées, mais politiquement motivées. Ils n'avaient pas prévu la double candidature du Manidem pour éliminer Maurice Kamto.
Cette tactique de la double candidature de Manidem, ressemble à plus d'un titre, à une stratégie bien huilée de la part du pouvoir central. Le harcèlement politique et juridique vise à épuiser Kamto afin qu'il perde sa sérénité.
Le pouvoir Biya ne veut pas affronter l’opposant sur le terrain de la campagne présidentielle, un terrain de prédilection de programme et d'idées pour l'opposant qui dégageait une dose de confiance.
Dans une récente intervention publique, Kamto affirmait déjà que : « Rien ne pourra arrêter la volonté du peuple camerounais de voir enfin émerger une alternance démocratique et crédible.».
Le tube de l'été est-il définitivement joué à Yaoundé contre Maurice Kamto?
Enerst DJONKEP depuis Yaoundé
lafriqueenmarche du 28 juillet 2025 No 964


