L'Editorial de Murielle MENSAH 

Le parti FCBE annonce son ralliement à la mouvance présidentielle, tandis que le parti "Les Démocrates" dans un texte mou, renonce à ses convictions radicales. Romuald Wadagni est-il plus chanceux que tous ses prédécesseurs? 

Les planètes s'alignent pour Romuald Wadagni. Il débutera sa gouvernance sans un conglomérat d'opposants. 

En effet, aux premières heures du renouveau démocratique en 1990, l'opposition a été un rempart. L'opposition était la voix qui donnait du relief à notre démocratie. 

Mais à partir de 1991 jusqu'à nos jours, Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou, Boni Yayi et Patrice Talon, chacun en ce qui le concerne, a fait face aux sous-marins des eaux de l'opposition.

Oui depuis 1991, l'opposition a toujours eu une double lecture. D'un côté, le pragmatisme politique au nom de la contraction et du pluralisme. Et de l’autre, le renoncement aux convictions, qui n'a pas aussi manqué.

Dans l'art de la politique béninoise qui ressemble parfois à celui de la marée, l'opposition sait toujours fertiliser la terre de l’adversaire, en occurrence le président au pouvoir.

Aujourd’hui, Romuald Wadagni, qui va commencer la courbe du pouvoir, n'aura pas en face le duel coriace avec une mélodie bruyante d'opposants.

Romuald Wadagni est-il plus chanceux? Est-ce là le génie de la synthèse ? 

On peut y voir l'alignement des planètes pour celui qui va construire l’édifice national pour le septennat prochain.

TENIR LA TRUELLE AVEC LE MAÎTRE D'ŒUVRE

Ceux qui renoncent à l'opposition, préfèrent tenir la truelle avec le maître d’œuvre que de crier contre les murs depuis l’extérieur. 

Wadagni est né sous une bonne étoile. Même si le parti "Les Démocrates" vidé de sa substance, fait semblant de tenir la baraque, on assistera durant les sept ans prochains, au sacrifice de l’ego sur l’autel de l’efficacité du technocrate élu.

S'éteindre en tant qu’opposant pour briller en tant qu’artisan du changement concret, n'est pas une réalité de tous les mandats. 

Le ralliement est un baiser qui peut soigner les déchirures d’une Nation, tout comme il peut étouffer la flamme de la contradiction. 

On ne critique plus le festin quand on est assis à la table des convives ; on finit par en apprécier le sel, au risque d’en oublier le prix.

S’unir, c’est parfois grandir. Se fondre, c’est parfois disparaître. L’histoire dira si ce pas de côté était une marche vers le sommet ou une élégante révérence?

L'Afrique en marche du 13 mai 2026 No 1180