L'Editorial de Murielle MENSAH
Les élections législatives et municipales ont eu lieu le 11 janvier 2026. Elles ont été marquées par un contraste frappant. On connaît le savoir-faire de la Cena, mais on a vu les failles logistiques notables avec des heures indues de vote. D'où les vives critiques du fait du retard dans certains bureaux de vote. Dans ces conditions, peut-on encore faire chanter les louanges d'une institution ou faire monter les voix des électeurs désabusés jusqu'aux anges ?
La Cena dont le souffle nous anime depuis 1995 grâce à son précurseur législateur d'antan, Charles Djrekpo, a beaucoup fait pour la transparence électorale. Entre autres innovations, on peut citer surtout le bulletin unique. Depuis 1995 donc, la Cena, ce nom sublime retentit en tout lieu !
Et du Bénin, d'autres institutions sous-jacentes comme Ceni, Celi, Elécom...inondent aujourd'hui le continent africain à partir du Bénin, le détenteur du label.
RÉPUTATION TERNIE...
En dépit de ce "Prestige" institutionnel affiché, dans la 16 ème circonscription électorale (13è arrondissement/Cotonou), un bureau ouvert à 15 heures 26 minutes, a été fermé le lundi 12 janvier 2026 à 01 heure 26 minutes du matin. Un autre ouvert à 14 heures 28 minutes a fermé le lundi 12 janvier 2026 à 00 heure 28 minutes.
Que de dysfonctionnements ce 11 janvier 2026 quand les Béninois étaient aux urnes. Ces défaillances sont la conséquence des retards enregistrés au démarrage du scrutin.
Les autorités électorales, ont tenté de projeter une image de maturité démocratique et de continuité. En effet, organiser des élections couplées un mois après une tentative de coup d'État déjouée, visait à rassurer les investisseurs et les partenaires internationaux sur la solidité des institutions béninoises. En la matière, la tenue de ce double scrutin est un bon point pour la démocratie béninoise.
Au regard des contingences survenues le 11 janvier dernier, des voix très critiques continuent de contrer les gloires de leur croix.
En effet, l'ineffable harmonie de la Cena, qui répandait la joie dans les cœurs des électeurs béninois aux urnes, est malheureusement passée à l'émoi et à la colère.
Et voici les critiques alimentées suite aux retards par rapport au démarrage des bureaux de vote.
Ces retards d'ouverture sont dus aux dysfonctionnements majeurs constatés et signalés par la société civile et les observateurs.
Selon la plateforme électorale de la société civile (PEOSC), seulement 30,87 % des bureaux de vote observés ont ouvert à l'heure réglementaire (07h 00). Dans certaines zones comme le Littoral et l'Atlantique (Abomey-Calavi), les retards ont été particulièrement prononcés.
...MEA CULPA, EN ATTENDANT LA PRÉSIDENTIELLE
« J'avoue que la journée a été chaude. Elle a été stressante...Ce qu'on peut regretter...», avoue Sacca Lafia, le président de la Cena.
Cette institution a reconnu ses failles logistiques du fait de la livraison tardive du matériel dans plusieurs localités.
La Cena a du pain sur la planche, car après ces difficultés logistiques survenues, il faut surmonter les signes de fragilité du système à l'approche de la présidentielle du 12 avril 2026.
Après ce fiasco dans un océan de gloire, la Cena est tenue de remonter la pente nuit et jour pour les trésors de bonheur au profit des électeurs béninois.
Bientôt, la présidentielle. La Cena a encore trois mois d'ardeur pour se faire "réhabiliter" après sa pierre prestation.
L'Afrique en marche du 13 janvier 2026 No 1090


