Lisez désormais tous les mercredis la rubrique "Horizon Chine" par Tseu YI correspondant en Chine
Afin de surveiller le changement climatique, optimiser l'agriculture et gérer les ressources hydriques, le partenariat spatial entre la Chine et l’Afrique franchit une étape historique grâce au déploiement stratégique de microsatellites dédiés à l’observation de la Terre.
Le partenariat sino-africain dans le domaine spatial et de l'observation de la Terre regroupe aujourd'hui 23 pays africains ayant développé des projets spatiaux bilatéraux avec Pékin.
PRINCIPAUX PAYS AFRICAINS
Évoquant cette liste de 23 Nations, il y a des principaux pays africains moteurs et directement bénéficiaires de cette coopération pour le développement, le financement ou le lancement de satellites (notamment des microsatellites de télédétection et d'observation) incluent.
On peut citer l'Égypte, principal partenaire de la Chine sur le continent. Elle a bénéficié du financement et du lancement du satellite MisrSat-2 (2023), du lancement de SPNEX (2025), ainsi que de la création d'un centre d'assemblage et d'essais de satellites près du Caire.
On a également l'Éthiopie avec son premier satellite (ET-RSS1) a été lancé par la Chine en 2019.
Des entreprises chinoises y ont également construit plusieurs stations et antennes de réception au sol entre 2021 et 2024.
La Namibie n'est pas en marge. Partenaire stratégique clé accueillant une station de suivi spatial chinoise à Windhoek et une antenne à Swakopmund.
Le Nigeria est également mis en exergue, car il collabore activement avec Pékin, notamment pour l'obtention et l'exploitation d'images satellites à des fins de sécurité et de cartographie.
L'Algérie est un partenaire historique pour la mise en orbite et le développement technologique de ses programmes de télécommunication et d'observation.
Le Soudan a bénéficié de l'expertise chinoise pour le développement et le lancement de son premier satellite de télédétection (SRSS-1) en 2019.
Djibouti intègre progressivement la stratégie de la "Route de la soie spatiale" chinoise à travers des projets d'infrastructures et de connectivité.
L'Afrique du Sud est impliquée via ses agences spécialisées dans des programmes conjoints d'observation de la Terre par intelligence artificielle pour la prévention des catastrophes naturelles.
Cette collaboration technologique permet aux Nations africaines d'accéder à une autonomie décisionnelle cruciale pour leur développement durable.
AU COEUR DE CETTE COOPÉRATION
En combinant l'expertise industrielle chinoise et les priorités géographiques africaines, cette alliance transforme l'économie spatiale en un levier d'émancipation et de résilience face aux défis environnementaux du XXIe siècle.
Au cœur de cette coopération se trouve la lutte contre le changement climatique, dont l'Afrique subit disproportionnellement les effets.
Les microsatellites co-développés fournissent un flux continu de données géospatiales de haute précision pour cartographier les risques climatiques et anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes.
Ces outils en orbite basse permettent de mesurer en temps réel la déforestation, l'élévation du niveau de la mer et la progression de la désertification, offrant ainsi aux gouvernements des indicateurs fiables pour concevoir des politiques d'adaptation efficaces.
AGRICULTURE, PILIER VITAL
L'optimisation de l'agriculture, pilier vital des économies africaines, constitue le deuxième axe majeur de ce programme spatial.
Grâce à l'imagerie satellitaire, les agriculteurs et les décideurs peuvent désormais pratiquer une agriculture de précision en évaluant la santé des cultures et en détectant précocement les maladies ou les invasions de ravageurs.
Le suivi de l'indice de végétation et la prévision des rendements permettent d'ajuster l'utilisation des intrants et de sécuriser la souveraineté alimentaire face à l'instabilité des saisons.
La gestion intégrée des ressources hydriques bénéficie également de cette surveillance spatiale de pointe, dans un contexte de stress hydrique croissant.
Les technologies d'observation sino-africaines facilitent le suivi rigoureux des nappes phréatiques, des fleuves transfrontaliers et des grands réservoirs d'eau du continent.
Cette cartographie hydraulique dynamique est essentielle pour optimiser l'irrigation agricole, planifier les infrastructures d'eau potable et prévenir les conflits liés au partage des ressources en eau douce.
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En clair, ce partenariat se distingue par une forte dimension de transfert de technologies et de renforcement des capacités locales.
Au-delà du simple lancement de satellites, la Chine accompagne la formation d'ingénieurs, de data-scientists et de chercheurs africains au traitement des données spatiales.
L'émergence d'une expertise locale consolide l'infrastructure numérique du continent, garantissant que les solutions spatiales de demain soient entièrement gérées et pérennisées par les acteurs africains eux-mêmes.
L'Afrique en marche du 28 octobre 2026 No 1282


