Un partenariat économique existe depuis novembre 2025 entre le Togo et la Russie. Ce contrat a vu le jour lors de la rencontre entre le président de la République togolaise, Faure Gnassingbé et Vladimir Poutine. Que gagne le Togo avec ce contrat ? Lisez désormais tous les mardis le "Dossier Eco".
Ce partenariat repose plus sur la signature d'accords stratégiques plutôt que sur des flux commerciaux ou financiers massifs chiffrés.
En effet, près d'un an après la visite officielle du président togolais, les bénéfices de ce partenariat pour le Togo s'évaluent en termes de perspectives sectorielles, de projets de développement et d'accords de coopération géologique ou énergétique, sans que des statistiques macroéconomiques majeures de croissance directe ou d'échanges ne soient encore mises en exergue par des institutions officielles.
1ÈRE SESSION DE LA COMMISSION MIXTE
SUR LES AXES CLÉS DUDIT PARTENARIAT
Le renforcement de la coopération a franchi une étape concrète en septembre et octobre 2026 à Lomé lors de la première session de la Commission mixte intergouvernementale russo-togolaise.
Les "gains" identifiés et les négociations en cours se structurent sur plusieurs axes.
D'ABORD, en ce qui concerne l'énergie et hydrocarbures, les deux Nations ont finalisé trois protocoles d'accord (mémorandums) sous l'égide du ministère russe de l'Énergie.
Moscou et Lomé ont notamment partagé leur intérêt pour l'élaboration d'un projet de « corridor énergétique Lomé-Sahel », reposant sur le gaz naturel liquéfié (GNL), en lien avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Des discussions sont également en cours pour le développement de la production locale d'électricité et de l'hydroélectricité.
ENSUITE, en matière des mines et expertise géologique, les accords visent le transfert de technologies minières et le « renforcement de l’expertise géologique » togolaise, un secteur où la Russie cherche à s'implanter durablement en Afrique de l'Ouest.
EN OUTRE, s'agissant des infrastructures et du commerce, Lomé cherche à valoriser son Port autonome de Lomé, véritable hub logistique en eau profonde, qui intéresse fortement les opérateurs russes.
ENFIN, en matière d'éducation et technologies, des ouvertures sont prévues dans les domaines de la science pour former les cadres togolais à ces nouvelles technologies industrielles.
MALGRÉ CE PARTENARIAT, PART DE LA RUSSIE DANS L'ÉCONOMIE TOGOLAISE
Il est important de situer la part de la Russie dans l'économie togolaise actuelle pour éviter toute fausse interprétation.
Par rapport au commerce extérieur, la Russie ne figure pas parmi les principaux partenaires commerciaux historiques ou immédiats du Togo.
Selon les données des profils économiques (comme celles répertoriées par la Banque mondiale sur les échanges extérieurs), les principaux clients à l'exportation du Togo restent les pays de la sous-région (Burkina Faso à 10,5 %, Bénin à 7,5 %, Ghana à 6,1 %) ainsi que la France (5,9 %).
L'offensive russe au Togo s'inscrit dans un plan plus large de Moscou qui vise à atteindre un volume d'échanges global de 40 à 50 milliards de dollars avec l'ensemble du continent africain à l'horizon 2030.
La dynamique économique générale du Togo (PIB estimé en croissance de 6,3 % en 2025 selon la Banque mondiale) reste pour l'instant portée par ses secteurs traditionnels (tertiaire logistique, agriculture, réformes budgétaires internes) et non par un apport direct et quantifiable du partenariat avec la Fédération de Russie.
En résumé, ce que le Togo "gagne" à ce stade se mesure en accords cadres d'investissements futurs et en diversification de ses soutiens industriels et énergétiques, plutôt qu'en revenus financiers déjà perceptibles dans les bilans statistiques nationaux.
L'Afrique en marche du 27 octobre 2026 No 1281


