La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE 


La jeunesse africaine  semble ne pas surfer sur les mêmes minerais que les gouvernants. Quand ceux-ci parlent d'économie de marché, les jeunes veulent en vain une économie plus sociale. La jeunesse doit-elle davantage avoir des motifs d'inquiétude pour l'avenir ?

Selon une enquête menée en 2024 par l’Institut africain de l’éthique économique (IAEE), près de 54 % des jeunes africains estiment que la pression économique et les choix ultra-libéraux des gouvernants ne sont pas favorables à leur épanouissement. 

En effet, en Afrique, tout porte à croire que la psychologie de gouvernance est celle de la soumission de la jeunesse. On pense, on mène et on multiplie les stratégies au nom des jeunes.

Au Sénégal par exemple,  on a récemment entendu Ousmane Sonko, le 1er ministre. Il y a quelques jours, il a fait des projections pour la relance économique du Sénégal. Il a exposé son approche face au fossé abyssal des dettes, fossé laissé en héritage par le gouvernement Macky Sall. Selon cette approche, les jeunes ont un lourd tribut à payer.

En effet, dans les tout prochains jours, les activités qui permettent aux jeunes de subvenir à leurs besoins vont subir des "ponctions". 

Au Bénin, Patrice Talon, face aux représentants de jeunes, a fait une déclaration forte, mais très mal encaissée par la jeunesse : « Je préfère déréguler l’emploi pour créer des emplois que de réguler l’emploi pour n’en créer point ».

En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara est en route pour un 4 ème mandat. On attend de voir sa nouvelle vision au profit de la jeunesse. Après avoir beaucoup promis aux jeunes ivoiriens, ses trois premiers mandats n'ont rien changé dans la destinée de la jeunesse de son pays.

C'est le même constat au Nigeria où Bola Tinubu peine à matérialiser ses promesses de campagne au profit des jeunes.


JEUNESSE AFRICAINE ENTRE MARTEAU ET ENCLUME...

Partout en Afrique, les gouvernants ne font que la promotion du capitalisme sauvage au profit d'investisseurs opportunistes, très peu portés à accompagner les jeunes africains qui espèrent en vain, les fondamentaux du concept d'une économie morale.

Certains économistes préfèrent chuchoter aux jeunes africains, le terme "économie sociale", pour une considération à l’humain sur le profit.

L'économie sociale permettra aux jeunes de mieux endiguer les emplois précaires, le travail instable, la mauvaise rémunération, l'absence de plan de carrière...

En effet, portés par des valeurs de solidarité, de justice, d’équité, les jeunes africains veulent un changement de cap. Ils veulent une gouvernance de solidarité, de valeurs culturelles et communautaires. 

Ce qui est contraire aux exigences du marché qui imposent la rationalité économique fondée sur la loi de l’offre et de la demande.

Dans un contexte de mondialisation, comment maintenir un modèle éthique dans un environnement économique de plus en plus compétitif ?

C'est donc l'un des grands défis d'une jeunesse africaine contrainte d'être tournée vers l’entrepreneuriat et les impératifs de rentabilité.

Face aux lendemains peu enchantés pour la jeunesse africaine que faire davantage pour elle ?  La question reste d'actualité.


lafriqueenmarche du 12 août 2025 No 974