La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
Avec le conflit mondial entre Iran, USA et Israël, les "missiles" commencent par impacter directement la survie quotidienne et le contenu de nos assiettes en Afrique surtout de l'Ouest. Cette guerre ne désorganise-t-elle pas déjà nos chaînes d'approvisionnement?
Cette guerre tripartite n'est pas un conflit lointain pour l'Afrique. En 11 jours seulement, elle frappe et touche nos plats.
En effet, depuis le 28 février dernier, date de début de cette guerre, une réelle désorganisation des chaînes d'approvisionnement mondiales, est réelle, ce qui engendre une inflation importée.
D'abord, on constate la dépendance au blé et des céréales. En effet, avant le conflit, l'iran représentait surtout avec le détroit d'Ormuz, environ 20 % des importations de pétrole dans le monde.
PÉTROLE TROP CHER, CASCADE DE CONSÉQUENCES...
Avec cette guerre, le prix du baril de pétrole à 61 dollars en janvier 2026, a dépassé 120 dollars avant de retomber dans une certaine mesure dans l'après-midi de ce 9 mars 2026, à moins de 100 dollars.
Avec ce pétrole à ce prix, la perturbation des exportations a fait bondir les prix en Afrique de 8 % en 11 jours de conflit.
Une situation qui fait grimper le prix des produits de première nécessité importés et même des vivres locaux.
En effet, la cherté de la vie n'est plus une simple tendance, mais une crise nutritionnelle aiguë, principalement due au renchérissement des denrées de base.
Au nombre des produits les plus touchés, on a ceux des prix du blé, donc du pain (ou de la réduction du poids de la baguette), du bœuf, du blé, des huiles et du riz avec des hausses significatives, augmentant en 11 jours de guerre.
Au-delà des produits alimentaires, la facture énergétique est aussi une réalité. Au Nigéria, pourtant grand producteur de pétrole, la hausse du prix du pétrole liée aux conflits (Moyen-Orient, Europe), renchérit le transport des marchandises, avec une hausse répercutée directement sur le consommateur final.
... SURTOUT DURANT CETTE PÉRIODE DE RAMADAN
Le coût d'intrants agricoles est aussi une tendance à suivre. En effet, la fermeture de routes logistiques clés (comme le canal de Suez) et les tensions géopolitiques impactent la production d'urée, essentielle aux engrais. Sans engrais abordables, les récoltes locales diminuent.
Toute cette situation en Iran consacre une situation alarmante en ce début 2026 en Afrique, surtout en cette période sensible de Ramadan.
Outre les "missiles" extérieurs, des causes internes amplifient la crise. On peut citer les aléas climatiques comme la sécheresse, les criquets et les inondations extrêmes qui réduisent les rendements, rendant les prix encore plus volatils.
Dans la même série, il y a l'insécurité régionale. Dans des pays comme le Mali ou le Burkina Faso, le Niger...les conflits locaux empêchent les agriculteurs d'accéder à leurs champs. Ce qui conduit à des pénuries structurelles.
Durant 11 jours de guerre, partout en Afrique, les gouvernements ayant été surpris, à quand la mise en place de mesures de contrôle des prix pour atténuer cette inflation ?
L'Afrique en marche du 10 mars 2026 No 1134


