La Chronique internationale de Salifou DIAGNE 

Le Sénat a effectivement adopté hier, mercredi 28 janvier 2026, le projet de loi-cadre facilitant la restitution des biens culturels acquis de manière illicite durant la période coloniale. La France est-elle dans une démarche après la politique d'arrogance de plus d'un siècle ? 

Le Sénat a voté hier à l'unanimité, le projet de loi-cadre facilitant la restitution des biens culturels acquis de manière illicite durant la période coloniale.

Ce texte permet de déroger au principe d'inaliénabilité des collections publiques par simple décret, évitant ainsi de voter une loi spécifique pour chaque objet restitué.

VENT DE RENOUVEAU

La loi concerne les biens pillés, volés ou cédés sous la contrainte entre 1815 et 1972. Pour ce faire, toute demande de restitution devra être validée par une commission scientifique bilatérale (France et État demandeur), dont les avis seront rendus publics pour garantir la transparence.

Le Sénat a insisté sur l'indépendance de cette commission nationale, qui sera une formation spécialisée du Haut Conseil des musées de France.  Ce vote concrétise l'engagement pris par la ministre de la Culture, Rachida Dati, pour établir un cadre clair et transparent avec les partenaires étrangers, principalement en Afrique. 

EN ATTENDANT LE PARLEMENT

Par ce vote du Sénat, en attendant bien sûr celui du Parlement, la France tient à restaurer une image de marque ou une réputation après une période d'arbitraire. 

Pour la France après le discours de Macron à Ouagadougou (Burkina), il est crucial de passer d'une communication de contrôle à une communication de preuve et de transparence.

Il était donc important d'avoir des axes stratégiques pour redorer le blason de la France sur les plans de l'humanité, de l'engagement et de justice. En effet, après une période marquée par des décisions complexes, la France veut ouvrir maintenant un nouveau chapitre. 

Conscients des attentes de la communauté de ceux qui ont été pillés, l'hexagone s'engage à replacer la transparence et l'équité au cœur de son action de restitution. Pour la France, ses actes doivent parler désormais plus forts que les théories biaisées. 

Il était important que la France donne des gages en matière de restauration d'Image selon la théorie de la réparation d'image. Il était opportun que l'arbitraire passe par une action corrective et une nouvelle démarche éthique.

En effet, après avoir pillé des biens africains, la France reconnait  sincèrement les erreurs passées.

En attendant le vote du Parlement, le vote d'hier regagne la confiance pour transformer durablement la perception du public par ce qui convient d'appeler le "Radar de la Confiance". La réputation se reconstruit sur le long terme par la répétition d'actes justes.  À s'y méprendre...

L'Afrique en marche du 29 janvier 2026 No 1105