L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité l'abrogation formelle du "Code noir" ce jeudi 28 mai 2026.

C'est à l'unanimité des 254 députés présents dans l'hémicycle, toutes tendances politiques confondues, que cette proposition de loi a été validée.

Ce vote intervient 178 ans après l'abolition de l'esclavage en 1848. Le Code noir, édicté en 1685 sous Louis XIV, n'avait jamais été supprimé explicitement du droit positif français, même s'il était devenu juridiquement inapplicable.

Ce projet transpartisan a été présenté dans le cadre d'une niche parlementaire réservée au groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), portée notamment par le député de la Guadeloupe, Max Mathiasin.

La démarche a reçu le soutien du président Emmanuel Macron, qui avait déclaré qu'un tel maintien dans le droit, même sans effet concret, représentait « une trahison de ce qu'est la République ».

Un amendement a été adopté pour stipuler que l'ensemble des textes ayant institutionnalisé l'esclavage et réduit des êtres humains au statut de "biens meubles" sont indissociables du crime contre l'humanité.

À L'HORIZON 

Il y a de prochaines étapes législatives pour que cette abrogation devienne définitive. En effet, la proposition de loi doit maintenant être transmise et examinée par le Sénat. 

Aucune date précise n'a encore été fixée pour ce débat dans la haute assemblée. La question hautement sensible des réparations financières n'a pas été incluse dans ce texte afin de préserver le consensus sur l'abrogation.

GUÉRIR UNE BLESSURE LOINTAINE 

La suppression définitive des vestiges du Code noir à l’Assemblée nationale ce 28 mai 2026 marque l'effondrement ultime d'une ombre séculaire. 

Objectif, laisser place à la lumière inaltérable de la dignité humaine. Ce vote historique ne se contente pas d'effacer des lignes de droit obsolètes ; il brise le dernier écho invisible d'un système qui tenta, jadis, de codifier l'innommable et de figer l'âme humaine dans les fers de la marchandisation. 

En purgeant définitivement l'arsenal juridique de ces ratures du passé, la République ne fait pas que regarder son histoire en face et elle s'en libère, guérissant une blessure mémorielle profonde. Ce qui permet d'ancrer l'égalité absolue dans le marbre du présent. 

C'est le triomphe de la justice sur l'amnésie, un souffle de rédemption qui rappelle que la liberté n'est entière que lorsqu'elle déracine jusqu'aux plus lointaines racines de son contraire. 

Ce jour restera celui où la loi a enfin rejoint la conscience universelle, proclamant qu'aucune nuit, aussi noire soit-elle, ne peut résister à l'aube de la vérité.

Ibrahim DIALLO correspondant en France 

L'Afrique en marche du 29 mai 2026 No 1191