La Guinée Bissau vit un renversement de pouvoir  par l'armée. Suite à cette prise par l'armée doublée d'un coup d’État institutionnel perçue comme une manœuvre pour éviter la probable victoire de l'opposition, où se trouve le président Umaro Embaló? 


Umaru Embaló déchu à Bissau a été exfiltré au Sénégal...


Le président déchu de Guinée-Bissau, Umaro Embaló n'est plus au pays. Il a été exfiltré et se retrouve désormais au Sénégal. Le pouvoir de Dakar par le biais du ministre des Affaires étrangères a fait l'annonce de la présence du président Embaló à Dakar. 

Mais avant, certains présidents africains au nom de leur "syndicat" de chefs d'Etat ont multiplié les coups de fil. C'est Denis Sassou Nguesso du Congo/ Brazzaville qui a été l'artisan de l'infiltration de Embaló.

Dans les coulisses du pouvoir à Dakar, on apprend que de la première piste évoquée ( Abidjan), Alassane Ouattara de Côte d'Ivoire et Denis Sassou Nguesso ont finalement convaincu Bassirou Diomaye Faye du Sénégal d'accueillir le déchu de Bissau.


ORDRE TREILLIS...

Le pays est désormais dirigé par Hortan N'Tam le président de la transition pour un an.


...désormais dirigée par Hortan N'Tam.


Le nouvel homme fort de Bissau a prêté serment hier et les institutions sont paralysées avec un pays sous tension.

L'armée promet une transition d'un an pour  rétablir la stabilité institutionnelle et d’améliorer la gouvernance économique.

La junte affirme que le pays était menacé par une instabilité orchestrée de l’intérieur. Quelques heures après ce coup d'État, on continue de voir, des unités de la garde présidentielle toujours en position aux points stratégiques de Bissau, la capitale.


...CONTEXTE CRITIQUE 

La Guinée-Bissau traverse une nouvelle zone de turbulences politiques après l’annonce brutale, le 26 novembre dernier de la prise de pouvoir par l'armée et de la fin du processus électoral suite à l'élection présidentielle du 23 novembre dernier.

En renversant le président Umaro Embaló pour empêcher la victoire de l’opposant Fernando Díaz, l'opinion nationale et internationale n'écarte pas une suspension légitime d'un renversement de pouvoir  doublé d'un coup d’État institutionnel.


...Fernando Diaz, l'opposant et probable vainqueur a pu échapper à la junte...


Ce dernier est perçu par de nombreux observateurs comme une tentative d’éviter la probable victoire de l'opposition. 


PAS DE TRACE DE L'OPPOSANT... 

Ce coup d'État bouleverse l’échiquier politique avec l'annonce par le pouvoir kaki.

Pour l’opposition, il ne fait aucun doute, Embaló a agi pour éviter une alternance devenue inévitable. 

L'opposant Díaz, a réussi à échapper à l'armée qui voulait l'arrêter. Ce qui lui permet de poursuivre des critiques les plus virulentes contre les militaires et le pouvoir de Embaló, un pouvoir digne des régimes autoritaires.

Depuis le lendemain de l’annonce de ce coup d'État plusieurs ministères ont été placés sous supervision directe de l’armée. Les diplomates étrangers présents à Bissau évoquent une atmosphère lourde et une scène politique gelée 


...RÉACTION CEDEAO

La communauté internationale est dans l’embarras. 

La CEDEAO a exprimé sa profonde préoccupation tout en appelant à la retenue. Mais en coulisses, plusieurs chancelleries estiment que ce coup d'État constitue bel et bien une rupture de l’ordre constitutionnel.

La CEDEAO, qui a déjà joué un rôle décisif dans la médiation des crises en Guinée-Bissau, pourrait envisager des sanctions individuelles, une mission d’urgence, voire une pression diplomatique coordonnée pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.


À L'HORIZON...

Ce coup d'État annonce-t-il un avenir aux conséquences imprévisibles?

En effet, la Guinée-Bissau se retrouve une nouvelle fois au centre de l’instabilité ouest-africaine.

Ce coup d'État met davantage en exergue la fragilité persistante des institutions, la personnalisation extrême du pouvoir, et le refus d’accepter l’alternance politique.

Alors que le pays semblait progresser vers une transition électorale ordonnée, cette rupture brutale plonge la Nation dans une incertitude profonde.

Certains officiers militaires, traditionnellement influents dans la politique nationale, restent silencieux mais surveillés de près par la garde présidentielle.

La crainte d’une nouvelle confrontation armée n’est pas exclue dans un pays marqué par une longue série de coups d’État et de putschs militaires.

Reste à savoir si les pressions internes et internationales suffiront à forcer un retour à l’ordre constitutionnel… ou si Embaló choisira la voie du durcissement.

L'armée en invoquant  la stabilité, va-t-elle avoir sa formule perçue comme la justification d’un maintien illimité à la tête de l’État? 


Blanchard LAWSON correspond au Sénégal 


lafriqueenmarche du 28 novembre 2025 No 1054