L'Éditorial de Murielle MENSAH

Le président béninois, Romuald Wadagni, a nommé le collège de 12 ministres conseillers à la présidence de la République par décret N°2026-358 du 5 juin 2026. Cette décision intervient seulement deux semaines après son investiture et la formation de son tout premier gouvernement. La nomination des ministres conseillers pour calmer la grogne est-elle une réponse du président Wadagni pour calmer la grogne des partis politiques après son 1er remaniement? 

La base militante de l'UPR et du BR faisait grise mine depuis le 1er remaniement de Wadagni le 24 mai 2026.

À l'annonce de cet exécutif, la prédominance des technocrates et ex collaborateurs de Wadagni quand il était ministre des Finances était une réalité.

La nomination de ce collège des ministres conseillers est donc une réponse aux équilibres politiques et l'apaisement militant. En effet, la formation du premier gouvernement le 24 mai 2026 avait suscité des discussions, notamment parce que les partis politiques surtout les deux grands de la mouvance présidentielle qui ont mouillé le maillot n'ont pas été récompensé à la hauteur de leurs attentes.

OPTION DÉMINAGE

À la phase de nomination des ministres conseillers, l'intégration de figures politiques fortes au sein du collège des ministres conseillers permet de consolider l'assise du nouveau pouvoir. 

Mieux, il s'agit d'allier continuité et renouveau, car cette équipe mélange de nouveaux visages et des personnalités d'expérience pour appuyer les réformes auprès de la population.

Au regard des profils politiques et stratégiques marquants, ce collège de 12 ministres conseillers avec quatre femmes, intègre des figures politiques influentes comme l'ancien ministre Nicaise Kotchami Fagnon (PME, Emploi, Formation), Ayibatin Jonas Hantan (Sports, Culture, Chefferie) et même le vieux briscard Rachidi Gbadamassi (Défense et Sécurité),

WADAGNI POUR LA GÉOMÉTRIE D'ÉQUILIBRE 

Par cette nomination des ministres conseillers, Wadagni démontre que l'art de la haute politique ne réside pas dans l'affrontement, mais dans la géométrie des équilibres invisibles. 

En érigeant l'institution des ministres conseillers au lendemain de son premier remaniement, le président Wadagni n'a pas simplement répondu à une urgence de gouvernance; il a déployé une stratégie de pacification systémique d'une subtilité rare.

Romuald Wadagni a préféré transformer la friction partisane en force motrice. Il a su l'équilibre des forces par le Génie de la Posture.

Là où d'aucuns redoutaient le choc frontal avec des formations politiques UPR et BR légitimement impatientes, le chef de l'État a choisi la voie de l'élévation et de l'inclusion. 

Nommer ces figures majeures au rang de ministres conseillers est un coup de maître qui opère sur plusieurs plans vibratoires et politiques. 

Par la reconnaissance sans la dilution, Romuald Wadagni offre aux partis des passerelles directes vers le sommet de l'État, validant leur poids stratégique sans complexifier l'appareil exécutif opérationnel.

En installant les cadres influents au cœur du réacteur décisionnel, la grogne s'efface naturellement devant la responsabilité partagée.

Par cette sorte d'alchimie de confiance, ce choix de Wadagni transforme les critiques potentielles ou réelles en contributions constructives, sanctuarisant l'unité nationale.

Cependant, derrière cet acte administratif se cache une vérité plus profonde : « Le pouvoir n'est pas un gâteau à diviser, mais une intelligence collective à orchestrer.».

En agissant ainsi, le leadership de Wadagni démontre que la fermeté d'un remaniement peut parfaitement cohabiter avec la souplesse avec ce collège de ministres conseillers.

Wadagni vient de démontrer comme un  grand homme d'État du gouvernement au collège des ministres conseillers qu'il sait refermer une porte pour ouvrir immédiatement un horizon plus large. 

L'Afrique en marche du 8 juin 2026 No 1196