"LE TEMPS DES BATISSEURS : ANATOMIE D’UN GOUVERNEMENT DE TRANSFORMATION", tel  est l'intitulé de la chronique du jour. 

A la lecture du premier gouvernement du président Wadagni, deux semaines après sa formation, une seule constance s’impose : Gouverner par le mérite. C’est ce qu’il convient de retenir comme premiers contours de la vision du président béninois qui a opté pour la République des compétences. 

Le pari de l’excellence vient ainsi d’être gagné. Le message est donc sans ambiguïté et ne souffre d’aucune ombre de variation : Romuald Wadagni inscrit son premier gouvernement dans la philosophie de l’anticipation. Et pour cela, il a plutôt privilégié une autre grammaire politique : celle de la compétence, de la technicité et de la performance. 

Ainsi, la promotion de Wilfried Léandre Houngbédji au rang de ministre, porte-parole du gouvernement, participe de cette logique. Devenu au fil des années, l’une des voix les plus identifiables de l’action publique béninoise, son élévation à ce rang dépasse le simple symbole protocolaire. Elle traduit plutôt, la volonté de conférer à la parole gouvernementale une dimension stratégique à une époque où, tout est dominé par l’instantanéité de l’information, la circulation des récits et la bataille permanente des fausses perceptions et des prismes déformants. 

EXIGENCE D'EXCELLENCE...

De son côté, l’économiste Aristide Médénou, désormais à la tête du ministère de l’Économie et des finances, devra user de son expérience au sein des institutions financières internationales et sa connaissance des mécanismes de gouvernance économique pour faire de ce portefeuille, l’une des pièces maîtresses de l’édifice gouvernemental. 

À ses côtés, Nicolas Yénoussi, figure emblématique des réformes fiscales béninoises, amène dans cette équipe, la mémoire institutionnelle et la maîtrise des rouages administratifs. 

Avec Rodrique Chaou et Hugues Oscar Lokossou, c’est une véritable ingénierie de pilotage économique qui s’est mise en place. 

Cette même exigence d’excellence irrigue quelques secteurs stratégiques. Ainsi, le choix de Édouard Dahomé au ministère de l’Énergie, de l’eau et des mines apparaît comme celui d’une expertise éprouvée. Sa nomination envoie un message limpide : le développement des infrastructures n’est plus perçu comme un simple chantier technique, mais comme un instrument de puissance nationale. Ceci, dans un contexte avéré de coupures intempestives de l’énergie électrique, ce qui constitue un véritable frein au développement de l’industrialisation dans notre pays. 

... POUR IRRIGUER DES SECTEURS STRATÉGIQUES

Le peuple béninois est en droit d’espérer que c’est précisément cette quête d’autonomie que traduisent les ambitions énergétiques et industrielles du nouveau pouvoir.

L’une des nominations les plus emblématiques demeure celle de Maouna Akplogan à la tête du ministère de la Transformation digitale, de l’Innovation et de la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle. 

Le simple intitulé du portefeuille témoigne d’une vision englobante du digital au Bénin.

La diplomatie n’est pas absente de cette ambition. En confiant les Affaires étrangères à Corinne Amori Brunet, le président de la République est déterminé à faire de l’influence internationale, un prolongement naturel de la stratégie de développement de notre pays. 

Dans un monde traversé par les rivalités géopolitiques, la diplomatie économique devient une ressource aussi précieuse que les ressources naturelles elles-mêmes. 

Sur le front sécuritaire, les nominations de Djibril Mama Cissé Moussa à l’Intérieur et de Gildas Agonkan à la Défense traduisent la conscience aiguë des défis auxquels demeurent confrontée l’Afrique de l’Ouest et notre pays, le Bénin. 

Face à la menace terroriste, aux trafics transfrontaliers et aux fragilités régionales, la stabilité demeure la condition première de toute ambition de développement.

Les responsabilités confiées à Véronique Tognifodé, Sédami Mèdégan Fagla ou encore Awawou Bako,  témoignent de la volonté du chef de l’Etat, de ne pas réduire le progrès à ses seuls indicateurs macroéconomiques.

Derrière la croissance, il y a les femmes, les jeunes, l’éducation, l’emploi, la solidarité et l’inclusion. 

Quant au tout nouveau ministre du Tourisme et du Commerce extérieur, chargé de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement privé, Olushegun Bakari  dispose d'un parcours qui correspond étroitement aux exigences de son portefeuille. 

Formé à la finance et à l'investissement, son passage remarqué à la tête de la diplomatie béninoise lui a permis de tisser un vaste réseau de partenaires institutionnels et économiques à travers le monde. 

À la tête du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou apporte une combinaison rare d'expérience politique, de maîtrise technique et de connaissance approfondie des rouages de l'État.

Ancien coordonnateur du Collège des ministres conseillers et spécialiste des questions de gouvernance publique, il connaît déjà les enjeux du développement territorial. 

Plus encore, la restructuration de plusieurs autres portefeuilles ministériels révèle une culture de la quête permanente de résultats. 

Formalisation de l’économie, intelligence artificielle, engagement civique, investissement privé, développement durable, mobilisation des ressources extérieures : autant d’intitulés qui traduisent une volonté de substituer la logique de l’impact à celle de la simple administration. 

Et Comme l’écrivait le grand penseur béninois Paulin Hountondji : « Le développement n’est pas un miracle ; il est le résultat d’une volonté organisée.».

L'Afrique en marche du 9 juin 2026 No 1197