Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a publié il y a quelques jours, un conseil aux ressortissants français se trouvant au Mali : « Prévoir un départ temporaire dès que possible par vols commerciaux encore disponibles », indique le communiqué. Et si on faisait un état des lieux de la situation?

Cet appel du gouvernement français intervient dans une situation sécuritaire jugée extrêmement préoccupante. Le communiqué mentionne que :« Depuis plusieurs semaines, la situation sécuritaire au Mali, y compris à Bamako, s’est détériorée.». En effet, l'organisation Jama’at Nusrat al‑Islam wa al‑Muslimin (JNIM), affiliée à Al‑Qaïda, impose un blocus sur les convois de carburant, paralysant une partie de l’économie malienne (électricité, écoles, alimentation). Dès lors,  les routes nationales sont actuellement la cible d’attaques de groupes terroristes. Dès lors, le ministère français recommande explicitement de ne pas utiliser les transports terrestres pour quitter le pays, le trajet routier étant considéré comme trop dangereux. 

VULNÉRABILITÉ : EPARGNER LES  RESSORTISSANTS FRANÇAIS 

Dans un pays où les axes de déplacement sont pris pour cible par les groupes armés, les Français et autres étrangers sont exposés à des risques accrus (attaques, enlèvements, blocages). Cette exhortation vise donc à 

épargner une certaine vulnérabilité accrue des ressortissants français. Mieux, cet appel intervient dans un contexte d'isolement diplomatique du Mali.

En effet, ce pays a récemment mis fin à sa coopération antiterroriste avec la France. Ce qui affaiblit les canaux d’appui sécuritaire que pouvaient avoir les ressortissants français. On ne peut ignorer l'impact socio-économique et institutionnel de cet appel de l'exécutif français.  En effet, le blocage des importations, les pénuries, la fermeture d’écoles et l’absence de routes sûres rendent le contexte instable pour toute personne non résidente permanente. 

MESSAGE ET MODE RECOMMANDÉ

Que signifie « ce départ temporaire», recommandé par le Quai d'Orsay pour les Français au Mali ?

En effet, le ministère de l'Europe conseille aux Français de quitter le Mali par avion commercial, tant qu’il reste des vols disponibles, et d’éviter absolument de tenter un départ par voie terrestre. 

Il est également rappelé que tout déplacement vers le Mali est désormais formellement déconseillé, quel qu’en soit le motif.  L’ambassade de France à Bamako reste officiellement ouverte et continue d’assurer « la protection consulaire de nos ressortissants », mais dans un contexte très contraint. Cet appel s’inscrit dans un contexte où plusieurs autres pays (États-Unis, Royaume-Uni), avaient déjà recommandé à leurs ressortissants de quitter le Mali ou d’éviter tout voyage. Sur le plan diplomatique, ce message marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre Paris et Bamako, déjà fragilisées par les récents désaccords et la suspension de coopération antiterroriste. Pour les ressortissants et les entreprises françaises présentes au Mali, il faudra évaluer la continuité des activités, la pérennité de l’installation, la sécurité des employés et la possibilité d’un retour rapide pour apprécier ce message venue de Paris dans son ensemble.

En dépit de l'escalade entre les deux pays, cette alerte forte du Quai d'Orsay, sera-t-elle suivie d'effets ou tombera-t-elle dans les oreilles de sourds ?

Nourou TIDJANI 

L'Afrique en marche du 14 novembre 2025 No 1046