Le général Abdourahamane Tiani renversa Mohamed Bazoum, le 26 juillet 2023. À l'époque, il a invoqué l'incapacité de l’ancien régime à endiguer la montée des groupes djihadistes dans le Sahel. Dès son avènement, la junte promet une amélioration de la sécurité, notamment dans la région stratégique de Tillabéri. Quel bilan peut-on faire sur le plan de la lutte contre le terrorisme deux ans après l'avènement de la junte ?
Le général Tiani a su s'engager résolument contre le jihadisme. C'est ainsi, qu'il a mis en place un fichier national antiterroriste (ordonnance du 27 août 2024).
Ce qui a permis de recenser les personnes suspectées de terrorisme ou de trouble à l’ordre public, avec des effets lourds : gel des avoirs, restrictions de circulation et déchéance de nationalité.
VOLONTÉ AFFICHÉE...
Grâce à cette détermination, par le biais du projet de stabilisation régionale en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, les effets immédiats ont permis la réouverture d’environ 200 écoles dans les zones de Tillabéri, zones affectées par l’insécurité.
Mieux, cette volonté a favorisé la réinstallation des populations déplacées, la sécurisation des corridors de ravitaillement humanitaire et la relance d’activités socio-économiques .
Cependant, deux ans après malgré les promesses, les attaques jihadistes persistent.
Dans la série des attaques terroristes contre l'armée, celle de décembre 2024, aurait fait un décompte de 90 à 130 soldats tués à Chatoumane. Cette attaque est la plus meurtrière depuis six mois, selon plusieurs sources.
... RESULTATS MITIGÉS EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME
On peut évoquer d'autres attaques comme celle du 25 mai 2025, qui a fait 58 morts lors de l’attaque d’Eknewane par l’EIGS de même que celle de Bani‑Bangou 71 morts, le 20 juin 2025
Depuis début 2024, plusieurs centaines de personnes ont été tuées avec des pics de violence jusqu’à une quinzaine d’incidents par semaine.
Au regard de l'ampleur des attaques, force est de reconnaître qu'il y a des lacunes dans le dispositif sécuritaire, même s'il faut reconnaître la prolifération de la désinformation.
En effet, l'armée du Niger est confrontée dans sa lutte antiterroriste à la diffusion massive de Fake News sur les réseaux sociaux de la part des partisans de l'ancien régime Bazoum, dans le but d'amplifier un bilan macabre des victimes, et ce dans une optique symptomatique de la polarisation de l’information.
En dépit de l'alignement avec l’AES, les résultats sécuritaires du général Tiani sont mitigés.
Ibrahim DIALLO
lafriqueenmarche du 26 juillet 2026 No 962


