De nouvelles révélations viennent alimenter le débat autour de l’intervention militaire américaine au Nigeria ce 25 décembre. 

Selon plusieurs sources sécuritaires et des données issues du suivi aérien civil et militaire, un avion américain basé au Ghana aurait survolé quotidiennement l’espace aérien nigérian dans les jours ayant précédé le bombardement mené par les États-Unis contre des positions de groupes armés.


RÉVÉLATIONS ET PLACE...

D’après des observateurs spécialisés dans le suivi des aéronefs militaires, l’appareil présenté comme un avion de reconnaissance et de renseignement, a effectué des trajectoires répétitives au-dessus de certaines régions du nord et du nord-ouest du Nigeria. 

Ce sont des vols discrets, mais réguliers sur des zones connues pour abriter des groupes extrémistes actifs et des réseaux criminels transfrontaliers.

Basé sur une installation militaire américaine au Ghana, l’avion aurait opéré dans un cadre de missions de surveillance, visant à collecter des renseignements électroniques et visuels avant toute action offensive. 

Aucune communication officielle n’avait alors été faite sur ces survols, qui seraient restés largement inconnus du grand public.

Cette phase préparatoire au bombardement selon plusieurs analystes sécuritaires, a été axé sur ces vols quotidiens.

Ces vols s’inscrivent dans une phase classique de préparation opérationnelle. Avant toute frappe, les forces armées américaines privilégient une cartographie précise des cibles, des mouvements au sol et des risques pour les populations civiles.

Pour l'armée américaine,  les missions de reconnaissance sont essentielles pour minimiser les erreurs et maximiser l’efficacité militaire.


...DU GHANA COMME BASE-ARRIÈRE 

Le Ghana sert depuis plusieurs années de hub logistique et de renseignement pour certaines opérations américaines en Afrique de l’Ouest.

Cette stratégie renforcerait l’hypothèse d’une opération planifiée de longue date, bien avant l’annonce officielle du bombardement.

La présence américaine au Ghana n’est pas nouvelle. Accra entretient une coopération militaire étroite avec Washington, notamment dans les domaines de la formation, du renseignement et de la lutte contre le terrorisme régional. 

Cette position géographique stable fait du Ghana un point d’appui idéal pour des missions couvrant le Sahel et le golfe de Guinée.

Toutefois, l’utilisation du territoire ghanéen pour surveiller un pays voisin soulève des interrogations diplomatiques, notamment sur le rôle réel des États partenaires dans des opérations sensibles menées au-delà de leurs frontières.


...NIGERIA, GARDER DENT AU GHANA ?

À Abuja, le gouvernement n’a pas confirmé officiellement ces informations. Fidèle à sa posture prudente depuis le bombardement, l’exécutif nigérian évite toute déclaration susceptible de raviver la polémique sur la souveraineté nationale. 

Du côté des autorités ghanéennes, aucune réaction publique n’a été enregistrée.

Cependant, au sein de l’opinion publique nigériane, ces révélations alimentent les débats. Certains y voient une coopération sécuritaire nécessaire face à la menace terroriste, tandis que d’autres dénoncent une surveillance étrangère prolongée sans information claire des citoyens.


...VERS UNE RECOMMANDATION ?

Va-t-on vers un nouvel épisode dans la recomposition sécuritaire régionale ?

Ces survols présumés confirment, pour de nombreux observateurs, que l’Afrique de l’Ouest est devenue un théâtre stratégique majeur pour les grandes puissances. Entre lutte antiterroriste, rivalités d’influence et enjeux de souveraineté, la région se retrouve au cœur d’opérations de plus en plus sophistiquées et transfrontalières.

En attendant une éventuelle clarification officielle, cette affaire renforce une certitude. Le bombardement américain du Nigeria ne fut pas un acte isolé, mais l’aboutissement d’un dispositif militaire et de renseignement mis en place bien en amont, depuis au moins le territoire ghanéen.


Salifou DIAGNE


lafriqueenmarche du 26 décembre 2025 No 1076