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La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE "Tous contaminés par le plastique", telle est la Une de l'emblématique journal américain, "New-York Times". Oui, nous sommes tous  contaminés s'exclame  ce canard qui donne l'alerte actuellement où se déroulent à Genève (Suisse), les négociations pour la signature d'un traité relatif à la pollution plastique, négociations qui ont commencé depuis 72 h et ce jusqu'au 14 août prochain. Et si on profitait de ce contexte pour saluer les Africains les plus actifs contre le règne de cette pollution ?  Selon l'article de "New-York Times" qui s'appui...

La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE


"Tous contaminés par le plastique", telle est la Une de l'emblématique journal américain, "New-York Times". Oui, nous sommes tous  contaminés s'exclame  ce canard qui donne l'alerte actuellement où se déroulent à Genève (Suisse), les négociations pour la signature d'un traité relatif à la pollution plastique, négociations qui ont commencé depuis 72 h et ce jusqu'au 14 août prochain. Et si on profitait de ce contexte pour saluer les Africains les plus actifs contre le règne de cette pollution ? 

Selon l'article de "New-York Times" qui s'appuie sur de récentes  recherches scientifiques,  le plastique est partout et même en nous. 

De ces recherches, il ressort que le plastique est dans le sperme, dans les tissus ovariens et testiculaires, dans le sang, le cœur, le rein, la salive..Il y a également du plastique dans le lait maternel et dans nos assiettes avec ce que nous mangeons.

Il y a aussi du plastique chez les enfants à naître, mais aussi chez ceux qui n'ont pas été encore conçus. Sans oublier que nous devons surveiller notre consommation de poissons.


...ENJEUX D'UN TRAITÉ 

Avec la réunion de Genève débutée il y a 72 h, la pression est maximale chez les délégués de près de 180 pays. Durant 10 jours, ils  vont tenter de conclure un traité international pour ralentir la pollution plastique qui étouffe notre planète et  l'organisme d'humain.

Rappelons que le plastique est fantastique au regard de sa contribution remarquée aux progrès modernes. En effet, le plastique a été à la base d'une série de performances incalculables en médecine, en ingénierie, en électronique...par le biais du pétrole et du gaz.

Le plastique a permis à notre vie d'être plus confortable et plus facile, mais nous payons un lourd tribut pour ces progrès.

Réunis jusqu'au 14 août, les Etats doivent s'accorder sur un traité afin de ralentir ce fléau qui rend malade la planète et les humains que nous sommes.

Les discussions s'annoncent difficiles, car ce rendez-vous international intervient dans un contexte géopolitique tendu.

En  effet, la réunion de Genève apparaît comme celle d'une dernière chance pour parvenir à  un traité entre deux blocs très éloignés.

D'un côté, il y a une centaine de pays dont ceux africains et européens qui poussent pour un traité ambitieux. Objectif, s'attaquer au problème en fermant le robinet de la production de plastique hors de contrôle actuellement.

De l'autre, on retrouve un groupe de pays producteurs de pétrole et de gaz conduits par l'Arabie Saoudite, l'Iran et la Russie et soutenus par les USA et Chine et qui veulent cantonner le périmètre du traité à venir à la gestion des déchets et du recyclage 


CONTINENT AFRICAIN,  PIONNIER EN LA MATIÈRE...

En attendant le traité, en Afrique, en matière de lutte contre la pollution plastique, certains pays, sont en guerre pour l’usage du plastique. 

Face aux conséquences environnementales dramatiques des déchets plastiques, comme l'obstruction des canalisations, la  pollution des océans, la destruction de la biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre, de nombreux pays africains ont pris des mesures fortes pour interdire ou limiter l’utilisation des plastiques à usage unique.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’Afrique est en avance sur d’autres régions du monde en matière d’interdiction des sacs plastiques. 

Dès 2008, le Rwanda devient l’un des premiers pays au monde à interdire totalement les sacs plastiques non biodégradables. Cette décision fait aujourd’hui du pays un modèle de propreté et de respect environnemental.

Outre le Rwanda avec sa législation strictement appliquée, avec des sanctions sévères, on peut citer le Kenya en depuis 2017, une des interdictions les plus strictes du continent, avec des amendes allant jusqu’à 38 000 dollars ou quatre ans de prison.

On peut aussi évoquer le Maroc qui interdit les sacs plastiques depuis 2016 avec la loi « Zéro Mika ». Le pays encourage l’utilisation de solutions alternatives.

Le Bénin a pris des mesures contre la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation de sachets plastiques non biodégradables depuis 2017.

Le Sénégal interdit les sacs plastiques légers depuis 2015, une décision renforcée par une nouvelle loi en 2020 contre les plastiques à usage unique.

En Afrique du Sud, on a  également une réglementation sur les sacs plastiques payants et interdiction progressive des plastiques non recyclables.

En Tanzanie, il faut signaler l'interdiction totale des sacs plastiques depuis 2019. Les visiteurs sont même invités à laisser leurs sacs plastiques à l’aéroport.

D'autres pays du continent comme l'Erythrée, la Mauritanie, le Gabon, le Mali, l'Ouganda et la Côte d’Ivoire ont également pris des mesures similaires à différents niveaux d’interdiction.

D’autres nations ont emboîté le pas. En 2025, plus de 30 pays africains ont adopté des législations contre les plastiques à usage unique, même si l'application reste parfois inégale.

L’Union africaine a adopté en 2019, la Charte africaine sur la gestion des plastiques, encourageant les États membres à atteindre l’objectif « Afrique sans plastique » d’ici 2030.

Le combat est donc en cours, et si l’Afrique parvient à surmonter les défis d’application, elle pourrait devenir un exemple mondial dans le cadre de la lutte contre la pollution plastique.

Cependant, en dépit de ces avancées, les défis sont encore considérables. On peut citer la contrebande de sacs plastiques, le manque d’alternatives économiques, des difficultés de sensibilisation et  l'absence de filières industrielles solides pour les matériaux biodégradables.

Certains pays peinent à faire appliquer les lois, faute de moyens ou de volonté politique. Dans d’autres, les producteurs locaux de plastique continuent de prospérer malgré les interdictions.

L'Afrique n'a pas le choix d'être à l'avant-garde si elle ne veut pas être un dépotoir mondial. 


A s'y méprendre...


lafriqueenmarche du 7 août 2025 No 972

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