La Chronique Internationale de Salifou DIAGNE 


Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, était à Bamako il y a quelques jours. Il a échangé avec les ministres des Affaires étrangères de l’AES. C'est l'entame des consultations en vue du retrait des trois pays sahéliens de l’organisation régionale. Au-delà, cette première session de consultations n'est-elle pas une victoire pour l'AES?

Ce n'est pas l'AES qui est allée à Abuja négocier, mais c'est la CEDEAO qui s'est rendue à Bamako pour amorcer les échanges relatifs à la rupture.

Beaucoup avaient cru que l'AES allait renoncer à ses ambitions en cours de route au regard des pressions. Ce ne sera pas le cas. La conviction est donc une ligne cardinale qui ne se négocie pas à l'AES.

Sous le baobab (logo et symbole d'émancipation de l'AES), le président de la Commission de la CEDEAO s'y est installé pour discuter.

Sous le signe de la fraternité et de la  responsabilité, la CEDEAO et l'AES, ont amorcé le dialogue, malgré les tensions apparues depuis l’annonce du retrait des trois pays sahéliens en janvier 2024 et son  officialisation une année plus tard.

Cette rencontre marque une étape formelle dans la transition post-retrait des trois États sahéliens. Au terme des discussions, les deux parties ont adopté un relevé de conclusions destiné à encadrer les négociations à venir.

Ces discussions ont porté sur des questions politiques, diplomatiques, institutionnelles, juridiques, sécuritaires ainsi que sur le développement économique et social.

Lors des pourparlers, la CEDEAO, de même que l'AES, ont réaffirmé leur attachement à l’intérêt supérieur des peuples de la sous-région, afin de préserver les acquis majeurs de l’intégration régionale, notamment la libre circulation des personnes et des biens, jusqu’à la signature de nouveaux accords.

Le processus de séparation entre la CEDEAO et l'AES est donc irréversible.


AES: CE QUI EST DIT EST DIT... 

Si la CEDEAO réaffirme sa volonté de coopération, l'AES tient à  son intégration dans une logique souverainiste, tout en validant une approche commune vis-à-vis de l'institution sous-régionale fondée sur un esprit constructif.

Depuis janvier 2024, l'AES ne cherche pas l’attention, elle est l’attention. Décidée au quotidien, stratégique dans l’impact, toujours solidaire dans la coordination de l'idéal souverainiste de séparation, l'AES exécute sans encombre son plan. Elle y est parvenue.

Et quand l'AES observait et planifiait sous l'ombre du Baobab dans la savane, la CEDEAO paniquait.

La stratégie souverainiste a payé, car on a privilégié les actes et non pas mille discours.

L'AES après avoir observé, analysé et noté les faiblesses de la CEDEAO a juré de ne pas reculer. À l'AES, on ne change pas de direction à chaque coup dur.

Sous le baobab, l'AES a dit ce qu'elle voulait et le vent qui soufflait est devenu son haut-parleur jusqu'à Abuja.

L'AES veux marquer l'histoire. En cours de route, elle est devenue cette entité que personne ne peut ignorer.

L'AES n’est pas là pour qu’on l'aime. Elle es là pour qu’on la respecte.


lafriqueenmarche du 26 mai 2025 No 915