L’activiste panafricain Kemi Seba, président de l’ONG internationale "Urgences Panafricanistes", a tenu un point de presse à  N’Djaména. C'était au ministère des Affaires étrangères. Il a appelé à une mobilisation citoyenne au Tchad, dans la lignée des actions menées en Afrique de l’Ouest contre le franc CFA et les accords de défense hérités de la colonisation française lors d'une conférence/ débat au ministère des Affaires étrangères.

En présence d'un public varié : écrivains,  journalistes, chercheurs, étudiants, militants et membres de la société civile... Kemi Seba a dénoncé la parité fixe du franc CFA à l’euro, le maintien des comptes d’opération à la Banque de France et la présence du représentant français aux réunions des banques centrales africaines, en particulier celles de la zone Cemac. 

Il a salué les victoires obtenues en Afrique de l’Ouest, mais a pointé le retard constaté en Afrique centrale : « Ce système économique est une forme de néocolonialisme que nous devons faire tomber. », dit sans ambages le leader de 

"Urgences Panafricanistes".

L’activiste a également annoncé une mobilisation internationale contre le F.CFA. Objectif, obtenir la fin des mécanismes néocoloniaux qui entravent, selon lui, la souveraineté africaine.


APPELER À LA CONSCIENCE AFRICAINE...

Sensibiliser, ce n’est pas imposer une vérité, mais inviter à réfléchir. C’est sur cette conviction que Kemi Séba, a poursuivi cette conférence-débat au sein du Ministère des Affaires étrangères. 

Cette conférence débats est une tribune d’envergure pour remettre au centre des discussions la question du franc CFA et la nécessité de rompre avec les accords coloniaux encore en vigueur.

L’événement a attiré un public varié : écrivains , journalistes, chercheurs, étudiants, militants et membres de la société civile. 

Tous voulaient savoir comment repenser la souveraineté africaine à l’ère des dépendances persistantes ?

Dans une prise de parole engagée, Kemi Séba a rappelé que le franc CFA demeure, selon lui, un outil de domination néocoloniale. Il a plaidé pour une rupture ferme avec ce système monétaire hérité de la colonisation, qu’il considère comme un obstacle majeur à l’autodétermination des peuples africains. « Le combat que nous menons est pacifique mais résolu. C’est une lutte d’idées, une bataille pour les consciences, un appel à la dignité et à la souveraineté », a-t-il martelé.

Portée par une volonté de mobilisation collective, la conférence a mis l’accent sur le rôle central de la jeunesse africaine et des élites intellectuelles dans ce processus d’émancipation. Kemi Séba a exhorté à une mobilisation transnationale, structurée et cohérente, pour construire une Afrique libre, unie et consciente de son potentiel.

Les échanges avec l’auditoire ont donné lieu à des questions de fond  posées à Kemi Séba ? 

Au titre des questions, les intervenants ont voulu savoir comment assurer une véritable indépendance économique post-CFA ? Quelles stratégies pour démanteler les mécanismes de domination ? Comment faire converger les volontés politiques et citoyennes vers un projet panafricain crédible et durable ?

En clôture, l’activiste a lancé un appel solennel à l’unité africaine, condition indispensable à toute victoire durable. « L’heure n’est plus aux discours tièdes. C’est un sursaut collectif qu’il nous faut au nom d'une Afrique qui se pense et s’affirme par elle-même », a-t-il conclu sous les applaudissements nourris.

Enfin, depuis le pays de Toumaï, Kemi Séba ravive une mémoire blessée et pose une question capitale : « Jusqu’à quand l’Afrique acceptera-t-elle d’être libre en apparence, mais liée en profondeur ?».

L’heure est au réveil, celle où l’histoire n’attend plus qu’un mot : « Rompre.».

L'activiste panafricaniste Kemi Seba, a été ovationné comme en véritable héros lors de cette conférence décisive sur le Franc CFA .


...NÉCESSITÉ D'UNE RÉFORME

Kemi Séba a lancé un Appel à la réforme monétaire et à l’Intégration économique.

Au-delà des questions monétaires, Kemi Seba a profité de cette tribune pour annoncer de nouvelles initiatives visant à relancer le débat sur l’intégration économique africaine.

Des sources proches de son équipe ont laissé entendre que ces initiatives pourraient galvaniser les mouvements citoyens, incitant à des réformes profondes dans la gestion des affaires économiques et politiques du continent.

Le contexte de cette visite est particulièrement délicat : plusieurs pays africains ont récemment exprimé le désir de se détacher du franc CFA pour adopter des solutions monétaires plus autonomes. 

Parmi les projets en cours, on note la création de l’ECO, une monnaie commune pour les pays d’Afrique de l’Ouest, qui symbolise une volonté croissante de se débarrasser du franc CFA.

Kemi Seba, connu pour son discours sans concession contre le néocolonialisme, semble plus déterminé que jamais à influencer l’agenda politique africain. 

À travers cette visite au Tchad et cette conférence, il entend à la fois dénoncer les inégalités et proposer des pistes de solution pour une Afrique plus souveraine sur les plans économiques et politiques.

À titre de rappel, quelques jours avant cette conférence/débats, l'activiste panafricaniste Kemi Seba, président de l’organisation "Urgence Panafricaniste", a été accueilli en véritable héros à l’aéroport international "Hassan Djamous" de N’Djamena.

À sa descente d'avion, il a été accueilli par une foule enthousiaste et mobilisée. Ce qui témoigne de l’influence grandissante qu’exerce au sein de la jeunesse et des militants panafricanistes à travers le continent africain, Kemi Séba.

Sous un ciel de drapeaux, de pancartes et de chants à la gloire de la souveraineté africaine, les partisans de Kemi Seba se sont rassemblés pour l'accueillir.

Ce leader charismatique, qui lutte sans relâche pour l’émancipation économique et politique de l’Afrique, est perçu par de nombreux observateurs comme un symbole du combat contre le néocolonialisme, notamment en ce qui concerne l’héritage monétaire du franc CFA.

Durant son séjour au Tchad, son message était clair : il est temps pour l’Afrique de se libérer des chaînes de la domination monétaire imposée par l’ex-colonisateur à travers le franc CFA, monnaie largement utilisée dans les anciennes colonies françaises.

 Kemi Seba a mis en exergue les “défis urgents” liés au maintien du franc CFA, et esquisser des solutions vers la création d’une véritable monnaie africaine indépendante.

Objectif, ouvrir un débat constructif et formuler des propositions concrètes pour une Afrique financièrement autonome, libérée de l’héritage colonial.

En accueillant Kemi Seba, le Tchad semble jouer un rôle clé dans la dynamique de la souveraineté africaine. Cette visite marque une nouvelle étape dans la mobilisation pour une Afrique unie et libre de toute ingérence extérieure.

Ce séjour tchadien de Kemi Séba permet d'afficher clairement des aspirations grandissantes des peuples africains pour un contrôle total de leurs ressources et de leur destinée.

Ainsi, au-delà des symboles, le séjour de Kemi Seba à N’Djamena pourrait représenter le début d’une nouvelle ère, en somme, un tournant décisif dans la lutte pour l’indépendance monétaire du continent.


Par Souley NANADJIM correspondance particulière Tchad 


lafriqueenmarche du 17 mai 2025 No 906