Au Togo et au Bénin, la rentrée scolaire est fixée dans ces deux pays au 15 septembre 2025. Chaque rentrée scolaire rouvre le débat sur une pratique longtemps répandue dans plusieurs pays d’Afrique, celui des prêts scolaires. Aujourd'hui, les prêts scolaires sont-ils encore populaires?
Selon la BCEAO et les statistiques des réseaux de microfinance, de nombreux parents avaient recours aux institutions de microfinance, lesquelles proposaient des crédits modestes (entre 50 000 et 300 000 FCFA) pour la rentrée scolaire.
Dans des pays comme le Bénin, le Togo ou le Sénégal, ces prêts représentaient jusqu’à 20 à 30 % des crédits à la consommation de rentrée ces dernières années selon toujours la BCEAO.
Face à des frais croissants de scolarité, d’uniformes et de fournitures, M. Akouété
fonctionnaire dans un département ministériel à Lomé, père de famille, donc parent d'élèves rencontré dans la capitale togolaise fait savoir : « Un prêt scolaire, c’est souvent une dette qui dure jusqu’à la prochaine rentrée ».
Au Togo et du Bénin, le prêt scolaire, jadis considéré comme un soutien incontournable pour les familles à revenu modeste, suscite aujourd’hui des avis partagés entre nécessité et désintérêt croissant.
AVANT ET MAINTENANT...
Les prêts scolaires offerts par les banques et institutions de microfinance étaient vus comme une bouffée d’oxygène pour les parents. Ils permettaient de couvrir les frais d’inscription, l’achat des fournitures, des uniformes et parfois même la scolarité annuelle, avec un remboursement étalé sur plusieurs mois.
« Mais la situation a évolué. Face à des taux d’intérêt jugés trop élevés, des conditions d’éligibilité parfois strictes et la montée en puissance d’autres solutions (cotisations associatives, tontines, aides familiales), de nombreux parents hésitent aujourd’hui à y recourir.», confie une Mme Rosalie en service dans une ONG internationale rencontrée à Cotonou dans la capitale économique du Bénin.
Pour autant, le dispositif n’a pas totalement perdu de son attrait. Dans ces deux pays, les établissements bancaires continuent de proposer ces crédits saisonniers. Ces derniers sont parfois accompagnés d’offres promotionnelles.
« Les prêts scolaires en dépit de tout sont toujours un mal nécessaire pour certains parents comme moi surtout quand on a plusieurs enfants scolarisés dans le privé.», explique encore Madame Rosalie.
Par rapport aux prêts scolaires, des experts notent cependant un besoin de réinvention du modèle. Avec l’inflation qui pèse sur les ménages et la baisse du pouvoir d’achat, les institutions financières sont appelées à proposer des conditions plus souples et accessibles, afin de redonner confiance aux parents.
Les prêts scolaires oscillent aujourd’hui entre tradition et désaffection. Ils ne sont plus aussi populaires qu’avant, mais restent, pour une partie des familles, un recours presque inévitable pour assurer à leurs enfants le droit fondamental à l’éducation.
Nourou TIDJANI en collaboration avec Amavi TOGBLEY au Togo
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lafriqueenmarche du 15 septembre 2025 No 1004

