Le président français, Emmanuel Macron, a entamé jeudi une tournée de cinq jours en Afrique. Hormis le sommet du G20, il aura des escales à l’Île Maurice, au Gabon et en Angola. L’enjeu est de dynamiser une influence française parfois tendue face à la concurrence chinoise et russe, et promouvoir un modèle de coopération sans passif colonial. 

Cette tournée de Macron intervient dans un contexte où la France tente d'impulser une diplomatie renouvelée.


...MAURICE, GABON ET ANGOLA 

À l'Île Maurice, premier arrêt de la tournée, Macron veut compter sur un partenaire économique stratégique dans l’océan Indien. 

Et dans cette région,  Macron tient à mettre l’accent sur les échanges financiers, les investissements, et le développement durable dans cette région. 

Au Gabon et en Angola, il sera dans deux pays pétroliers et qui offrent également des opportunités d’investissement dans l’énergie, l’agriculture et les infrastructures.

Macron souhaite renforcer la coopération économique tout en ouvrant la voie à des projets durables, avec les ambitions en matière de transition énergétique.


SÉCURITÉ MARITIME ET COHÉRENCE DIPLOMATIQUE...

L'un des thèmes phares est la sûreté dans l’océan Indien, sûreté qui passe par la sécurité maritime. En effet, Macron évoque la lutte contre la pêche illégale, les trafics (drogue, humains), et la pollution marine. Il veut promouvoir une action coordonnée entre les États de la région.

Par cette nouvelle tournée, Macron veut  tourner la page, en  lançant une nouvelle dynamique. Cette dernière va lui permettre de promouvoir des partenariats équilibrés, basés sur l’investissement, la jeunesse et le commerce. 

Ensuite, Emmanuel Macron veut également miser sur les priorités économiques, investissements et coopération.

Ce repositionnement oblige la France à repenser sa diplomatie africaine. La France va miser moins sur la force militaire, mais davantage sur le développement et la coopération durable.

Macron met en avant une approche orientée vers la jeunesse et le travail mémoriel. Lors de son discours à Maurice, il a souligné l’importance de la mémoire partagée, des échanges culturels, et des initiatives éducatives entre la France et l’Afrique. 

Il veut bâtir une relation basée non seulement sur les intérêts économiques, mais aussi sur la confiance. Il veut faire de la France un partenaire respectueux et égalitaire, et non un acteur imposant.


...MÉFIANCE ET DÉFIS

Macron lors de cette tournée, saura apprécier encore la perception de l’Afrique. Certains dirigeants et populations africains restent méfiants face à l’influence française.

Des propos antérieurs de Macron ont été perçus comme condescendants, ravivant les critiques de néocolonialisme. 

Mieux, en ce qui concerne la viabilité économique, pour que les projets portés par Macron soient crédibles, il faudrait des investissements durables, avec des retombées concrètes pour les populations locales.


TENTER D'ENDIGUER LES DYNAMIQUES CONCURRENTES...

Depuis quelques années, la présence de la France en Afrique est remise en question. On peut citer le retrait militaire du Sahel, les critiques sur le néocolonialisme et la montée en puissance d’autres puissances comme la Chine, la Russie ou l’Inde. 

Cette tournée intervient dans un contexte de compétition internationale. En effet, la France doit faire face à la concurrence croissante de la Chine et de la Russie en Afrique. 

En réaffirmant sa présence par le biais d’investissements et de coopération, Macron veut revitaliser l’influence française sans retomber dans les pratiques du passé. 

Cette tournée ne peut être dissociée du retrait militaire français au Sahel. En effet, le retrait progressif des troupes françaises dans plusieurs pays de la région sahélienne, modifie profondément la posture stratégique de Paris.  

À titre de rappel, c'est la 2 ème tournée de Macron en Afrique en 2025. Lors d’une précédente visite d’État à Madagascar en avril 2025, Macron avait signé plusieurs accords, notamment pour un barrage hydroélectrique de 120 MW,..Aussi, a-t-il  souligné l’importance d’un espace de production agricole et alimentaire au sein de la Commission de l’océan Indien (COI). 

Emmanuel Macron va-t-il écrire une nouvelle page de la diplomatie française relative à une  certaine cohérence stratégique?

Le nouveau modèle de la politique africaine française peut-elle résister à la tentation d’un retour aux anciennes pratiques dans des modèles d’influence obsolètes de Paris?


John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud 


lafriqueenmarche du 24 novembre 2025 No 1052