L'Editorial de Titus FOLLY 


Dans les bureaux de l'Unesco hier, le retrait de la candidate mexicaine a été annoncé. Dès lors, il n'y a plus de doutes. Le prochain directeur de cette institution internationale sera un Africain, après le Sénégalais Amadou Mahtar M'Bow, il y a quelques années, mais  désormais dans les cèdres d'Orient. Quels sont les enjeux géopolitiques de l'élection d'un prochain fils du continent noir à ce poste prestigieux ?

À l'Unesco, cette institution onusienne basée à Paris, on assistera dans quelques jours à un duel Égypte–Congo/ Brazzaville. 

En effet, après le retrait hier de la Mexicaine Gabriela Ilian Ramos de la course, il ne reste plus que les deux Africains pour prendre la succession de l'actuelle directrice générale, Audrey Azoulay.

D'un côté, il y a le candidat congolais de Brazzaville. Il s'agit de Firmin Édouard Matoko. Celui-ci est une figure montante de l'Unesco et qui incarne une candidature du continent noir.

En face, on a le candidat égyptien. Il a nom Khaled Ahmed El Enany Ali Ezz. Il mise sur le poids de son pays au sein du monde arabe et sur l’expérience de l’Égypte dans la coopération culturelle internationale.


ENJEUX GÉOPOLITIQUES ET GÉOSTRATÉGIQUES...

Le retrait de la Mexicaine vise à préserver l’unité latino-américaine. En réalité, cette stratégie mexicaine consiste à renforcer les chances de son pays pour obtenir d’autres postes clés au sein des Nations unies dans les semaines à venir.

En dépit de cette confrontation entre Africains, il y aura naturellement une logique d’alliances régionales et internationales. Ce qui fait que la bataille s’annonce frontale entre deux candidats aux profils contrastés.

Firmin Edouard Matoko est un diplomate, économiste du développement et spécialiste en relations internationales actuellement en poste à l'Unesco.

Quant à Khaled Ahmed El Enany Ali Ezz, il est professeur d'égyptologie, à la Faculté de tourisme et d'hôtellerie (FTH), de  l'Université d'Hélouan.

Si la bataille est frontale, il ne peut donc en être autrement, car le choix du futur directeur général de l’Unesco, dépasse largement les questions de gestion africaine interne. Dire que cette confrontation africaine est en phase avec les équilibres géopolitiques mondiaux n'est pas un euphémisme disgracieux.

En effet, l’Égypte va espérer une victoire pour consolider son rôle de passerelle entre l’Afrique et le monde arabe. Quant au Congo/ Brazzaville, il comptera sur le soutien de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne pour dompter le "Pharaon". 

Conséquence, les deux capitales, Le Caire et Brazzaville vont redoubler désormais d'efforts dans les tractations diplomatiques afin de rallier des soutiens.

Denis Sassou Nguesso, le président du Congo/Brazzaville et son homologue Abdel Fattah Al-Sissi d'Égypte vont sortir et dépoussiérer leurs carnets d'adresses. Objectif, surfer sur les alliances africaines, arabes, européennes et latino-américaines, asiatiques, car chaque vote comptera


... À L'HEURE DES DÉFIS

Cette prochaine élection à l'Unesco intervient au moment où l'institution concentre ses actions sur l'intégration éthique de l'intelligence artificielle (IA) dans l'éducation et le monde du travail. 

Mieux, cette institution fait la promotion de la diversité culturelle. Elle prône également, le renforcement des compétences des jeunes, notamment face aux défis de la transformation numérique. Sans oublier que l'organisation cherche à adapter les systèmes éducatifs aux réalités du numérique.

Pour boucler la boucle, on ne saurait oublier les droits culturels, l'économie de la culture et la place de cette dernière en temps de crise. 

Avec la Nigériane Ngozi-Okanjo Iweala à  l'OMC et l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus à l'OMS, un 3 ème poste de prestige s'offre à l'Afrique à l'heure où l'Onu veut davantage compter sur le continent noir pour relever les défis mondiaux.

Si à nous les dés, que tout pronostiqueur s'abstienne même si l'un des deux est un mentor croisé plusieurs fois lors des séminaires à l'international. 

Entre le Congolais et l'Égyptien, qui aura le dernier mot? 


lafriqueenmarche du 26 août 2025 No 986