La Chronique internationale de Salifou DIAGNE
Le président angolais, João Lourenço, leader sortant de l'Union africaine, a transmis les rênes de l'institution continentale à Evariste Ndayishimiye du Burundi. Mais dans son discours d'adieu, l'Angolais, a savonné les auteurs de coup d'État qui laissent le treillis pour la cravate. Curieusement, deux ex putschistes faisaient leur baptême. La tirade du président angolais est-elle à dessein ?
Mamady Doumbouya de Guinée-Conakry et Brice Nguéma du Gabon étaient pour la première fois au sommet de l'UA.
Malheureusement, leur 1ère présence a été contrariée par un réquisitoire virulent de João Lourenço d'Angola.
BELLE PÉDAGOGIQUE ?
Jusqu'aux nues, l'homme fort de Luanda, a dénoncé plus vaste, l'amour à l'horizon de certains putschistes africains, qui passent pas les élections pour blanchir leur coup d'État.
Pour le président angolais, il est inadmissible que les auteurs de coups d'État blanchissent leurs actes par des élections à la guise pour se faire accepter après à l'UA.
Le président angolais refuse qu'inépuisable soit la compassion réservée aux régimes renversés et qu'une immense bonté se renouvelle envers les putschistes jour après jour.
Pour João Lourenço, il est inadmissible que les mains de l'Union africaine, accueillent et comblent avec la romance du printemps et l'hymne de la grâce à Addis-Abeba, siège de l'UA, les auteurs de coups d'État qui délaissent leur treillis pour la cravate.
Les concernés ont-ils bien entendu ce message ? Et les autres auteurs de coup d'État qui attendent leur tour pour être accueillis à l'UA?
Assurément, Doumbouya de Guinée et Nguéma du Gabon, ont bel et bien entendu. Malheureusement, le mal est fait.
En effet, peut-on reprocher une certaine maladresse de la part de João Lourenço ? En effet, comment en tant que président sortant de l'UA, n'a -t-il pas pu empêcher l'invitation à ces deux présidents?
Contrairement à ceux qui pointent du doigt la mauvaise foi de l'Angolais du fait de sa proximité avec Ali Bongo, le président gabonais renversé par Brice Nguéma, d'autres rappellent la constance du maître de Luanda dans les luttes d’ici-bas.
On a encore en mémoire, son hostilité à reconnaître la légitimité du pouvoir du général de Libreville.
Mieux, il s'est appuyé sur ses bras pour compliquer l'adoubement de Brice Nguéma dans les capitales de la sous-région Centre/Afrique pour insister sur les desseins du tentateur
Quel héritage ce discours incisif aura-t-il pour l'UA quand on sait que d'autres âmes résolues putschistes à Madagascar, en Guinée Bissau, goûtent déjà à la bonté connue et loin de la froideur ?
Après ce discours, les autres auront-ils la crainte de se détourner d’une si sainte route ?
L'Afrique en marche du 16 février 2026 No 1117


