L'Editorial de Murielle MENSAH 

Le dossier "Kémi Seba" va-t-il entrer en concurrence avec la victoire triomphale de Romuald Wadagni ? 

Le temps de la justice qui rattrape Kémi Seba, juste au lendemain de la victoire écrasante de Romuald Wadagni, apparaît comme un séisme perturbateur.

Alors que le peuple massivement sorti pour porter en triomphe Romuald Wadagni jubilait avant la cérémonie de serment, des marées si vastes venues de Pretoria en Afrique du Sud (où est incarcéré Kémi Seba en attendant son procès) n'ont pas demandé la permission à nos côtes béninoises. 

À peine le peuple s'est exprimé d'une seule voix, que déjà, la chronologie des recours ou l'attente des prétoires semble gâcher l'euphorie de la victoire. Aujourd'hui, c'est le dossier "Kémi Seba", qui polarise l'attention et canalise les énergies 

ARGUMENTS DES UNS

D'un côté, il y a ceux qui pensent que la justice sud-africaine doit donner une suite favorable à la demande d'extradition de Kémi Seba. Ce sera une manière appropriée pour qu'il réponde de ses vidéos jubilatoires le 7 décembre dernier lors de la tentative de coup d'État au Bénin.

Pour les tenants de cette thèse, ce n'est pas parce que Romuald Wadagni, a gagné que de la lumière du droit au zénith, doit laisser place à l'ombre du doute. 

Vouloir soumettre cet élan au calendrier de la justice, c’est tenter de mesurer l’orage avec un sablier. Après l’immensité des comportements de Kémi Seba, on ne doit permettre l’hésitation des lois. Pour eux, le droit doit imposer sa vérité. 

NON DISENT LES AUTRES 

Là où le sceptre du nombre s'est posé, d'autres préfèrent qu'on oublie les provocations de Kémi Seba, déjà couvertes par le fracas de l'Histoire qui marche avec la victoire retentissante de leur champion, Romuald Wadagni.

Pour eux, la grandeur d'une Nation, par l'éclat de ce triomphe électoral, oblige le Bénin, a resté concentré sur la solidité des piliers qui soutiennent ses perspectives de développement.

L'AVENIR, LE PLUS IMPORTANT 

La lumière d'une victoire, aussi éblouissante soit-elle, ne doit jamais faire oublier que la paix sociale, repose sur un équilibre sacré : celui où le sceau de l'urne s'impose.

Car si le suffrage donne la direction, c’est l’impartialité du droit qui garantit le chemin. Une démocratie n'est jamais aussi puissante que lorsqu'elle accepte que, sous le ciel du succès, la balance de la justice, reste le seul juge, en dépit des tempêtes et acclamations. 

Malgré cette victoire/plébiscite et pour que le renouveau soit durable, il doit s’ancrer dans une vérité immuable des lois.

Lorsque la voix du peuple s'exprime avec une force incontestable, dessinant l'horizon d'un nouveau chapitre, doit-elle effacer la nécessité de la rigueur du droit?

L'Afrique en marche du 21 avril 2026 No 1161