Dans les analyses diplomatiques en France, comment a-t-on accueilli la candidature du technocrate Romuald Wadagni formé dans les grandes écoles occidentales et dauphin annoncé de Patrice Talon? 

Vu de Paris, en cas de victoire de Wadagni, il devra impulser un nouveau partenariat avec la France. 

À Paris, le profil rassurant de Romuald Wadagni et sa candidature ont été bien accueillis dans les milieux économiques français. 

En effet, Romuald Wadagni est perçu en France comme un homme de dossiers, un gestionnaire rigoureux qui parle le langage des investisseurs et des institutions financières internationales.


POURSUIVRE L'OPTION ÉCONOMIQUE DE TALON...

Son parcours au cabinet Deloitte, son expérience à l’international et sa réputation d’expert financier en font un interlocuteur crédible pour le patronat français. 

À Paris, certains y voient déjà s'il est élu, la garantie d’un climat d’affaires stable dans les relations économiques entre les deux pays.

Cependant, si Wadagni est élu, tout en coopérant avec la France, certains investisseurs craignent tenir compte d'une certaine opinion publique africaine de plus en plus critique vis-à-vis de la France. D'où une diplomatie de l'équilibre. Donc, il devra éviter d'apparaître comme « l’homme de la France », un label devenu politiquement risqué en Afrique. 

À titre de rappel, sous Patrice Talon, le Bénin a diversifié ses partenaires. Ainsi, notre pays s’est ouvert  davantage à la Chine, à la Turquie et à d’autres puissances émergentes. 

Wadagni, s’il devient président, devra choisir de maintenir cette diversification ou de relancer une coopération plus étroite avec la France. 


...OU INSUFFLER UNE NOUVELLE DYNAMIQUE ?

Entre les deux pays, les enjeux portent notamment sur les infrastructures, l’énergie, l’éducation et la sécurité.  Avec Wadagni comme président du Bénin,  certaines entreprises françaises pourraient  trouver en lui, un allié pragmatique. 

Ce qui va permettre de renforcer les liens économiques avec Paris, tout en misant sur l'appui de l’Agence française de développement (AFD).

Romuald Wadagni incarnera une nouvelle génération de dirigeants. Il fera partie de la galaxie de jeunes, technocrates connectés à la finance mondiale. Il sera tout de même confronté à une exigence de souveraineté accrue de la part de son peuple.

Un véritable test attend donc Wadagni s'il gagne le scrutin présidentiel en 2026 au Bénin. 


Salifou DIAGNE 


lafriqueenmarche du 3 septembre 2025 No 993