L'Editorial de Titus FOLLY
Un homme de Dieu béninois a décidé de consacrer sa thèse de doctorat à l'AES. Il s'agit du prêtre Mathias Raoul Sahouégnon. C'était le 23 juin dernier à Rome (Italie) à l'Université pontificale "Saint Thomas d'Aquin Angelicum". Sa thèse est intitulée : « Le régionalisme coopératif comme modèle de pacification : cas de la Confédération de l'Alliance des Etats du Sahel AES". Après l'abnégation de cet homme de Dieu, peut-on encore douter du Printemps sahélien ? Analyse dans l'exercice de L'Editorial du jour.
On a connu le Printemps arabe, celui de Prague ou de Pékin. Si les trois autres ont tous été étouffés, celui qui s'est ébranlé dans l'AES a des racines tenaces comme celles du baobab unificateur de cet ensemble.
Et parlant de régionalisme, et voici un religieux, sans crainte des quolibets, qui choisit une thématique osée (à l'heure du regard inquisiteur de l'occident) pour valoriser le régionalisme comme ciment de cet espace.
ÉCLAIRAGE D'UN HOMME DE DIEU...
Si ce n'était pas une université catholique sous la férule du Vatican, donc de renommée internationale... certains que nous connaissons très bien pouvaient oser nous dire : « Il a été acheté par Goïta, Tiani et Traoré...».
Pour nous connaissons bien ce milieu du Vatican, si cette thèse a été acceptée et non entravée, c'est avec toute la probité Intellectuelle requise.
Parlant de régionalisme, comme les latino-américains qui l'ont impulsé dans les cadres nationaux, celui africain s'inscrit bel et bien dans nos us et coutumes. Le nôtre est tiré du paradigme africain qui promeut nos peuples, nos valeurs traditionnelles et culturelles.
Grande est encore la joie à Bamako, Ouaga et Niamey, suite à cette thèse d'un homme de Dieu qui parle de la Confédération des États du Sahel après sa mise sur pied en mettant en exergue le régionalisme.
Les peuples malien, nigérien et burkinabè, ont compris que la terre, la souveraineté, la dignité ont un prix. Et cela ne se discute pas dans des salons climatisés, mais plutôt sur le champ d'honneur.
Grâce au prêtre Mathias Raoul Sahouégnon, beaucoup sont entrain de comprendre que l'œuvre de l'AES n'est pas une initiative spontanée des seuls militaires. Rien n'est plus faux que cette vision tronquée et étriquée.
Ces peuples de l'AES, démontrent de plus en plus leur maturité politique à travers diverses initiatives.
C'est ainsi que les élites de ces pays ont entrepris un travail harassant de formation de leurs peuples.
Les politiciens avertis et éclairés et ont une vision claire des désidératas de leurs compatriotes et les professeurs d'université sont conscients de leur rôle d'éducateur.
...COMME SOURCE D'INSPIRATION
Les leaders de la société civile non encore vendus à la solde des aides et subventions des organismes internationaux sont décidés.
Les autorités spirituelles et traditionnelles rompues dans leur travail de formation de la volonté et de gardiens de nos traditions.
C'est tout cela qui a été mis en branle, jusqu'à ce que l'ensemble soit prêt.
Élite politique, enseignants, société civile, autorités religieuses...ont désormais un défi fondamental qui se joue sous nos yeux : celui de redonner sens et force à l'engagement collectif pour faire de l'AES, un lieu privilégié d'élaboration politique de souveraineté.
Certes, il y a encore du chemin à parcourir pour l'AES. Cependant, ces trois peuples sont prêts pour la défendre contre toute tendance externe décidée à l'affaiblir.
L'homme de Dieu béninois vient de démontrer que ces trois peuples sahéliens ont compris le sens du vent: l'heure des grands ensembles.
Ce n'est ni plus ni moins le Printemps sahélien. Que ce dernier secoue davantage le reste du continent.
Cependant, il urge que le contexte de la lutte contre le terrorisme ne soit pas un argument perpétuel pour la junte de chacun de ces trois pays pour s'éterniser au pouvoir sans élections. Il urge que l'ambition politique relative à la souveraineté structure l'espace démocratique et non l'étoile.
Évidemment, le mouvement a commencé par influencer bien d'autres pays. C'est ainsi qu'on constate que plusieurs Nations africaines ont changé d'architecture politique avec une démarche de nationalisme biaisé.
Ces simulations ont été faites pour empêcher la reproduction du scénario de souveraineté.
Ce qui est certain, sous le baobab symbolisant l'AES, entre idéal et réalité, entre aspiration collective et défis individuels, l'AES ne sera pas un grand théâtre comme certains le croient. Allons l'écrire...
lafriqueenmarche du 1er juillet 2025 No 944

