La Chronique internationale de Salifou DIAGNE 

Quand l'unité devient bouclier, l'histoire ne subit plus, elle se forge. En se réunissant pour acter la montée en puissance de la Force Unifiée, les ministres de la Défense de l’Alliance des États du Sahel (AES) ne signent pas seulement un accord militaire. Ils tracent la ligne d’horizon d’une souveraineté retrouvée.

Au nom de la Symphonie des armes et des cœurs, cette Force unifiée n'est pas une simple addition de bataillons. Elle est la fusion d’une même volonté, unie par le sang, le sol et le destin. 

Là où les frontières géographiques voulaient diviser, la fraternité d’armes doit recréer un espace de sécurité indivisible.

Chaque pas en avant de cette force est un écho vibrant de la résilience de ces trois  pays.

Une armée pensée par le Sahel, pour le Sahel nécessite une intégration tactique et une coordination fluide qui efface les distances.

Avec la Force unifiée, l'AES donne la preuve que l’Afrique sahélienne détient la clé de son propre destin.

Avec cette réunion des ministres de la Défense de l'AES à Ouaga, c’est reconnaître le courage politique de leaders qui ont choisi de regarder l’avenir ensemble.

Il revient à ces trois ministres de la Défense de traduire en actes opérationnels les aspirations profondes de millions de citoyens de cet espace en maîtres de leur devenir.

Au nom de l'architecture d'une paix endogène et d'une souveraineté absolue, le Sahel ne doit  plus être le miroir des crises extérieures. Il est devenu le laboratoire de la renaissance Sahelo-Sahélienne africaine. 

Que cette Force unifiée marche vers le triomphe de la paix.

FACE À L'HYDRE TERRORISME, AU-DELÀ DU TOUT MILITAIRE

Cependant, cette Force unifiée de l'AES suffira-t-elle pour vaincre le terrorisme?

Certes les baïonnettes peuvent servir comme l’acier de l’AES pour consumer le feu du djihadisme face à une hydre sans visage.

La Force unifiée dans le grand théâtre du Sahel, où le vent s'obstine à effacer les frontières tracées par les hommes, une clameur s'élève, martiale et unie pour saluer sa mise en route.

Avec cette Force unifiée, l'Alliance des États du Sahel (AES) dressera ses boucliers, fusionnera ses forces et opposera à la terreur le front d'une souveraineté retrouvée. C'est un sursaut nécessaire, une digue de fer indispensable pour contenir l'assaut djihadiste.

Pourtant, à regarder l'horizon à travers les yeux de la lucidité, une vérité silencieuse s'impose : l'acier le plus pur ne peut trancher le vent, et la force mécanique d'une alliance militaire, aussi unie soit-elle, ne suffira pas à tarir les sources de l'hydre.

Le terrorisme au Sahel n'est pas une armée conventionnelle que l'on repousse au-delà d'une ligne imaginaire. Il est un symptôme. Il se nourrit du vide, s'abreuve de la détresse des oubliés, s'engouffre dans les failles de l'absence et prospère là où l'espoir a déserté. 

Face à un djihadisme qui ne recule pas devant le feu des armes, qui s'en nourrit pour justifier sa propre fureur, le tout militaire est-il la bonne solution ? 

On peut foudroyer un homme en armes, mais comment foudroyer l'absence d'écoles, le puits tari, le sentiment d'abandon ou le désespoir d'une jeunesse sans horizon ?

Gagner la guerre des corps ne signifie pas gagner la paix des esprits. Si le canon de l'AES protège la patrie, c'est l'État juste, le développement partagé et la justice restaurée qui guériront la terre. 

Au tout militaire, il urge de lui arrimer le développement endogène du Sahel. Le  triomphe ne naîtra pas seulement de la défaite de l'ennemi sur le champ de bataille, mais de la victoire de la dignité au cœur des villages. 

Tant que le terreau de la misère sociale restera fertile, chaque combattant abattu sera remplacé par un autre, né de la même colère et des mêmes promesses irréalisables.

L'alliance militaire est la fondation indispensable, mais elle n'est pas la maison. La victoire finale n'appartient pas à celui qui détient la plus grande force de frappe, mais à celui qui saura offrir la plus grande force de vie.

L'AES avec sa Force unifiée saura-t-elle relever ce défi? 

L'Afrique en marche du 15 juillet 2026 No 1225