La Chronique internationale de Salifou DIAGNE 

Les discussions stratégiques de la Banque africaine de développement (BAD) viennent de prendre fin à Brazzaville. Et si l'Afrique se retrouvait à la croisée des chemins, entre ambitions continentales et réalités macroéconomiques?

Le taux de croissance économique de l'Afrique pour 2026 est de 4,2% contre 4,4% en 2025.

Face à ce taux en recul, la dernière réunion de Brazzaville a allié profondeur analytique, élégance stylistique et messages subliminaux pour saluer la dynamique de cette réunion face au freinage de la croissance africaine.

À Brazzaville, il y a eu le choc des ambitions et de l'élan face au défi de la croissance. En effet, la capitale du Congo/Brazzaville vient de clore un chapitre essentiel pour l'avenir du continent. 

Les Assemblées de la Banque africaine de développement y ont déployé une vision audacieuse, rappelant que l’Afrique possède toutes les clés de sa propre transformation.

Entre ces murs, l'intelligence collective a dessiné les contours d'une souveraineté financière renouvelée. Ce qui prouve que le leadership africain sait identifier ses priorités.

Entre industrialisation, transition verte et intégration régionale,  l'institution a une fois de plus affirmé son rôle de moteur.

Dans la capitale congolaise, comme dans l'épicentre d'un sursaut intellectuel, politique et économique indispensable, on a eu l'écho d'ambitions sans froideur des trajectoires actuelles. 

Derrière la justesse des discours de Brazzaville se cache une réalité plus sombre, celle du ralentissement persistant de la croissance économique globale du continent. 

FACE AUX CONTRAIRES, AGIR 

Ce freinage n'est pas une simple fluctuation statistique. Il s'agit d'une perte d'altitude qui fragilise les aspirations de millions de citoyens. 

Les vents contraires de la conjoncture mondiale, le poids de la dette et le manque de diversification transforment ce qui devrait être un sprint vers le développement.

Face à ce qui ressemble à une marche forcée, freinée par des barrières invisibles mais bien réelles, il faut agir en urgence.

Et dans cette perspective, le véritable message de Brazzaville réside dans ce contraste saisissant. L'excellence des stratégies proposées par la BAD souligne l'urgence absolue de briser l'inertie actuelle.

Les plans sont prêts, les compétences sont là, mais la machine économique tourne à un régime inférieur à son potentiel critique. 

Regretter ce ralentissement, ce n’est pas céder au pessimisme ; c'est refuser de se satisfaire de promesses face à l'immensité des défis. 

L'esprit de Brazzaville doit maintenant quitter les salons feutrés pour insuffler une discipline d'exécution stricte, car le temps économique de l'Afrique ne peut plus se permettre d'attendre.

L'Afrique en marche du 28 mai 2026 No 1190