Lisez ci-dessous l'intégralité de la déclaration du Wapo dirigé par le Béninois et constitutionnaliste, Philippe Toyo Noudjenoumè, déclaration relative à la situation de xénophobe qui prévaut en Afrique du Sud. 

AFRIQUE DU SUD, UN AUTRE DRAME DE L’AFRIQUE !

WEST AFRICAN PEOPLE’S ORGANIZATION  (WAPO).

DECLARATION.

Un spectacle affligeant se déroule à l'autre bout du continent, au pays de Nelson Mandela, l'Afrique du Sud, puisqu' il s'agit de ce pays respectable que tout désigne pour être le leader de l'Afrique. Et oui ! Dans ce pays se déroule aujourd'hui la chasse aux Étrangers - une xénophobie décomplexée. Et par étrangers, il faut entendre essentiellement les noirs africains ; Nigérians, Ghanéens, Congolais, Zimbabwéens, Kenyans, Botswanais, etc. contre lesquels se déchaînent des dizaines de milliers de Sud-africains dans les rues exigeant leur départ du pays, les molestant et occasionnant des morts. Et ceci avec une passivité à peine voilée des autorités sud-africaines. Des Africains dont les luttes et la solidarité ont permis de mettre fin au régime blanc d'apartheid. Quelle honte devant un tel spectacle de hordes de Sud-Africains poursuivant et massacrant leurs frères africains ! Ainsi se présente la réalité de la politique sud-africaine post-Mandela.

Qui a intérêt à ce déchirement fratricide entre Noirs africains aujourd’hui en Afrique du Sud ? Comment peut-on expliquer cette situation ?

La réalité d'aujourd'hui vient principalement des « mal-donnes » et graves compromissions de Nelson Mandela pour accéder au pouvoir en 1990. En fait, ce fut un grand marché de dupes dont le peuple noir sud-africain en paie aujourd'hui les pots cassés. Ce qui a été obtenu en 1990, dans les négociations du pouvoir raciste blanc de Frederik de Klerk et Mandela, ce fut la suppression de l'apartheid politique, autrement dit " Un Homme, une Voix". Demeure le plus important, l'apartheid économique. L’Afrique du Sud demeure un pays de l'apartheid économique affirmé où toute l'économie (en dehors de l'intégration d'une petite minorité de Noirs soigneusement choisis) est aux mains de racistes blancs.

La population noire représentant 81% de la population sud-africaine n’a que 4% des terres sud-africaines pendant que les Blancs qui représentent 8% de la population s’accaparent 72% des terres. La conséquence est qu’exclue de la propriété foncière, exclue du droit de disposer de la terre, la majorité de la population noire (soit 53 millions des 65 millions d’habitants) vit dans une précarité et une pauvreté insoutenables. Toute cette jeunesse est vouée au chômage, à la drogue, la misère et la prostitution. D'où le développement de la violence, de la criminalité endémique atteignant l'un des taux les plus élevés au monde. C'est ce gisement de colère au sein de la population que la grande bourgeoisie à dominante blanche avec la complicité du pouvoir politique en place en Afrique du Sud détourne et canalise, non vers les responsables de cette situation, à savoir la grande bourgeoisie blanche, mais à l'encontre de leurs frères africains. Il s'agit d'un drame africain d'une dimension non négligeable.

L’Organisation des Peuples de l’Afrique de l’Ouest (WAPO)

-Proteste contre cette situation inacceptable.

- Demande aux Autorités sud-africaines de prendre des dispositions idoines pour enrayer le développement de la xénophobie pour la paix et la sécurité de toute la population, particulièrement pour la population africaine étrangère vivant sur leur sol.

- Exprime sa confiance dans la résolution par les Autorités sud-africaines de l’épineuse question de la propriété foncière et la suppression de l’apartheid économique en Afrique du Sud pour la libération de la force de travail dans ce pays aux potentialités immenses.

Vive le panafricanisme !

Vive l’Amitié entre les peuples africains !

Vive l’amitié entre les peuples !

Cotonou le 08 Mai 2026

Pour le Conseil de Coordination WAPO

Le Président: Pr Philippe Toyo Noudjenoumè

L'Afrique en marche du 11 mai 2026 No 1178