En Iran, des "villes missiles" sont de vastes complexes militaires souterrains conçus pour stocker, assembler et lancer des missiles balistiques à l'abri des frappes aériennes. Au-delà de ces "villes missiles", ce pays a également une île missiles dans le détroit d'Ormuz.

L'Iran a fait de l'île de Qeshm, un bastion naval et de missiles. Objectif, contrôler l'entrée du détroit d'Ormuz, ce qui devient une stratégie prioritaire.

En effet, l'île de Qeshm est le verrou central de la stratégie de blocage iranienne dans le détroit d'Ormuz en raison de sa taille massive et de sa position géographique qui longe les couloirs de navigation vitaux.

En mai 2026, elle constitue une pièce maîtresse de la "résistance" iranienne face aux pressions militaires américano-israéliennes, servant de plateforme pour une stratégie d'interdiction d'accès (A2/AD).

Une forteresse militaire et technologique, qui permet à l'Iran de transformer Qeshm en une "citée des missiles" pour garantir la survie de ses capacités de frappe. 

Sur cette île, des bunkers abritent des missiles de croisière antinavires, des drones "suicides" Shahed-136 et des versions navales capables de frapper des pétroliers ou des cibles côtières.

Cette île accueille des catamarans lance-missiles et des flottilles de vedettes rapides armées, idéales pour les tactiques de harcèlement en essaim.

Qeshm sert de base arrière pour des drones de reconnaissance et d'attaque de type Shahed-171 et Saegheh-1.

STRATÉGIE DE GUERRE...

Cette île permet à l'Iran d'exercer une souveraineté de fait sur le trafic maritime mondial pour le contrôle et le blocage de ce détroit.

La proximité de cette île avec le chenal navigable permet un monitoring précis de chaque navire entrant dans le Golfe.

Cette île contribue à une guerre asymétrique. En utilisant des mines marines et des systèmes mobiles cachés, l'Iran compense son infériorité technologique face à l'US Navy par une menace constante et imprévisible.

En raison de son importance, l'île est devenue une cible prioritaire, subissant des frappes sur des infrastructures clés comme ses usines de dessalement.

Mieux, c'est un levier politique pour l'Iran, car le contrôle de Qeshm est un outil de dissuasion équivalent à l'arme nucléaire. Ce qui oblige les puissances mondiales à négocier sous la menace d'une paralysie énergétique.

L'adage militaire local résume la situation : "Qui contrôle Qeshm, contrôle le détroit d'Ormuz".

... ET VISÉE FINANCIÈRE 

Téhéran a instauré une autorité dédiée pour lever des taxes sur les navires "amis" et interdire le passage aux pays liés à ses adversaires.

L'île de Qeshm sert à un impact stratégique et économique. En effet,  la militarisation de Qeshm, contribue malheureusement à la volatilité des prix. 

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Le blocage prolongé du détroit a fait grimper le baril de Brent jusqu'à 115 dollars il y a quelques jours.

Radji SANOUSSI

L'Afrique en marche du 11 mai 2026 No 1178