Les "villes missiles" en Iran ne sont pas une illusion. C'est une stratégie militaire de dissimulation de l'arsenal militaire pour éviter la destruction totale après les bombardements ennemis.

Au nombre des caractéristiques majeures de ces "villes missiles" en Iran, il y a leur profondeur extrême. 

En effet, ces bases sont creusées jusqu'à 500 mètres de profondeur sous des montagnes de granit. 

Mieux, ces "villes missiles", ont une infrastructure avancée.  Elles utilisent des systèmes de rails automatisés pour déplacer les missiles rapidement entre les zones de stockage et de lancement. 

Ces "villes missiles" ont un écosystème complet. Ce ne sont pas de simples hangars, mais de véritables centres avec des logements pour le personnel, des centres de commandement et des lignes d'assemblage.

La résilience géologique   est de nature à compléter la stratégie. En effet, la dureté de la roche (granit) les rend quasiment invulnérables aux bombes antibunker conventionnelles comme la GBU-57 américaine.

MILIEU DE TERRAIN POUR UNE TACTIQUE

L'Iran possède de tels sites dans chaque province du pays. Les analystes occidentaux, auraient localisé plusieurs sites stratégiques.

On a Khorramabad (Lorestan), qui abriterait le plus grand nombre de silos du pays.

On peut évoquer aussi Base Imam Hussein (près de Yazd), creusée dans les montagnes de Shirkuh, considérée comme une forteresse imprenable.

Il y a également Tabriz, un site majeur dans le nord-ouest, orienté vers des cibles régionales et européennes.

La province de Kermanshah accueille les bases de Kenesht Canyon et Panj Pelleh.

Depuis le début des hostilités le 28 février 2026, ces installations sont au cœur du conflit. 

Au regard de ce constat,  la coalition USA/Israël s'est concentrée sur le scellement des tunnels. En réponse, l'Iran utilise des engins de chantier pour déblayer les entrées et récupérer les lanceurs bloqués sous les décombres pour encore frapper.

Malgré les dommages en surface, la flotte de lanceurs resterait opérationnelle, protégée par la profondeur des montagnes.

Fort de cette stratégie,  Téhéran a récemment suggéré l'activation de "systèmes d'armes inédits" cachés dans ces bases si le conflit devait reprendre. En clair, ces bases (villes missiles), garantissent à l'Iran une capacité de "seconde frappe". Ce qui permet de riposter même après une attaque aérienne massive sur ses infrastructures de surface.

Radji SANOUSSI 

L'Afrique en marche du 11 mai 2026 No 1178