Nigérians, Ghanéens, Mozambicains, Zimbabwéens sont contraints de quitter l'Afrique du Sud. Cette situation découle de la nouvelle vague de violences xénophobes au pays de Mandela, violences qui ont déjà fait plusieurs morts.

Le bilan varie selon les sources d'un Sud-africain confondu et tué et cinq Mozambicains.

Les événements se déroulent principalement dans les localités côtières du sud du pays, notamment à Mossel Bay, Gansbaai et Kleinmond.

Au-delà des pertes en vie humaines, il faut déplorer les destructions matérielles. Plus de 50 habitations appartenant à des migrants ont été incendiées.

Des centaines de ressortissants étrangers, principalement originaires du Malawi et du Mozambique, ont dû abandonner leurs maisons sous la menace de groupes locaux.

C'est une chasse à l'homme au porte-à-porte. En effet,  des résidents locaux armés font du porte-à-porte pour ordonner aux non-Sud-Africains de quitter immédiatement les lieux.

Les victimes ont fui dans les montagnes avant de trouver refuge dans des mosquées et des salles communales, décrivant des agressions où elles ont été chassées « comme des chiens ».

Ces manifestations dénoncent la présence des migrants en situation irrégulière, souvent érigés en boucs émissaires face à la criminalité et au chômage de masse qui frappent l'Afrique du Sud.


CHASSE À L'HOMME DANS UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DIFFICILE. MALHEUREUSEMENT...

La xénophobie ne construit aucune Nation. Elle détruit simplement les ponts que nos ancêtres africains ont payé de leur sang pour bâtir ce continent.

Il urge de dénoncer ces violences tout en éveillant les consciences.face à l'écho des frontières invisibles.

En effet, le ciel de notre terre commune en Afrique ne doit porter aucun drapeau. Pourtant, sous ce même azur, des Sud-africains mal intentionnés traquent des ombres qui nous ressemblent, oubliant que la couleur de la douleur est universelle.

Regardez nos mains. Elles portent toutes les mêmes stigmates d'un passé qui voulait nous briser. Hier, nous partagions les mêmes chants de liberté, les mêmes larmes face aux chaînes, et les mêmes rêves de dignité. 

Comment l'Afrique peut-elle aujourd'hui saigner de ses propres ongles ?Chasser l'autre, c'est croire que l'on peut vider la mer avec une passoire. Le véritable voleur d'avenir ne parle pas une autre langue africaine ; il sourit en observant notre propre autodestruction.


SLOGAN UBUNTU 

 En érigeant des barrières de haine dans nos cœurs, nous ne protégeons pas nos richesses : nous bâtissons notre propre prison spirituelle.

Ubuntu n'est pas un slogan pour les touristes. C'est le miroir de notre humanité. Si les Sud-Africains brisent ce miroir chez les autres Africains, leur propre reflet s'effacera.

Il est temps de lever les yeux. La pauvreté ne recule pas là où la violence avance. Rassemblons nos forces contre la misère, et non contre ceux qui la fuient. 

Car au bout du chemin, lorsque la poussière de la colère sera retombée, les Sud-africains réaliseront qu'ils ont chassé les artisans de leur propre grandeur.


lafriqueenmarche du 06/06/26 No 1195