Selon Govan Tambo, analyste en marché sportif : « Le rapport de "Deloitte Africa" de 2024 dit que le marché africain des articles de sport devrait atteindre 12 milliards de dollars d’ici 2030, contre 6,2 milliards en 2022...».
Il continue : « Des pays comme le Nigéria, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Kenya concentrent déjà et concentreront davantage, une grande partie de cette dynamique...»
Il explique encore pour boucler son intervention : « À Lagos, Abidjan, Dakar, Nairobi, Johannesburg… on constate la présence croissante de grandes enseignes de sport à travers les capitales africaines. Ce qui illustre une transformation profonde et démontre que le continent devient une cible stratégique des marques mondiales dans le secteur de la grande distribution sportive.».
Hendrick Tshabalala
Manager en partenariats sportifs met quant à lui en exergue, la volonté des géants en marques de sport d'investir en Afrique. « Les géants comme "Nike", "Adidas", ou encore "Decathlon", ont compris l’opportunité d'investir en Afrique. L’ouverture en 2024 de quatre nouvelles enseignes "Decathlon" en Afrique de l’Ouest en témoigne...», déclare-t-il.
« En effet, depuis la fin des années 2010, le marché africain du sport ne cesse de croître, alimenté par une jeunesse majoritaire (plus de 60 % de la population a moins de 25 ans), une urbanisation rapide et une croissance soutenue de la classe moyenne, estimée aujourd’hui à plus de 350 millions de personnes...», poursuit-il.
Il analyse encore et conclut : « Ces marques misent sur une distribution large, rapide, mais aussi économiquement inclusive. Ce qui donne un grand élan à une dynamique économique en dépit des défis.».
...RAISONS DU SUCCÈS
S'agissant des conditions favorables, les grands groupes multiplient des partenariats locaux, les franchises, ou les ventes en ligne adaptées au mobile, insiste Paul Mukuena, spécialiste en Sport Prospecte
« Malgré ce boom, le marché n’est pas exempt de défis surtout logistique et tarifaire. En effet, il faut constater l'inégale pouvoir d’achat limité dans certaines zones, et la présence du marché informel. Ces deux handicaps freinent parfois la rentabilité...», decortique-t-il encore.
« Pour s’adapter, certaines marques misent sur leurs modèles économiques. Ceci prend en compte, produits reconditionnés, offres en partenariat avec des fintechs locales (paiement fractionné), ou encore co-branding avec des clubs africains...», mentionne-t-il encore.
« Les marques misent aussi sur la production locale, afin de réduire les coûts d’importation. Des initiatives comme l’ouverture d’ateliers de fabrication ou la formation de jeunes Africains à la conception textile en Côte d’Ivoire et au Rwanda participent à une dynamique économique circulaire...», fait-il savoir.
« Au-delà de la consommation immédiate, la stratégie est claire. Il s'agit de fidéliser les nouvelles générations, investir dans les infrastructures sportives et dans l’image de marque locale. De nombreux contrats de sponsoring sont signés avec des athlètes africains ou des événements sportifs régionaux, contribuant à une valorisation économique du sport africain.», dit-il pour conclure.
John SHADUNA correspondant en Afrique du Sud
lafriqueenmarche du 23 juillet 2025 No 959


