L'homme d’affaires béninois, Olivier Boko, proche de Patrice Talon a été arrêté, il y a de cela un an.

L’arrestation de M. Boko, survenue dans la nuit du 21 au 22 septembre 2024, avait créé une onde de choc. 

Considéré comme un financier influent et ténor politique en puissance de la vie publique béninoise, son interpellation a été  interprétée par certains comme une stratégie pour torpiller ses ambitions dans un climat de rivalités exacerbées. 


NON DIT LA JUSTICE D'OÙ L'ÉCLIPSE...

Mais au finish, la justice béninoise l'a bel et bien reconnu coupable d'atteinte à la sûreté d'État suite à un procès. Sa condamnation fut donc un tournant politique et judiciaire.

En effet, lors de son procès, ses avocats qui dénonçaient des « irrégularités » et parlaient d’un « acharnement judiciaire », ont vidé les lieux.

Cependant, la justice a tenu ferme, récusant la thèse d'instrumentalisation des institutions à des fins politiques pour démontrer qu'il y a bel et bien une tentative de coup d'État. 

Condamné et loin de la scène politique, l'absence de Olivier Boko a eu des conséquences notables sur l’équilibre des alliances politiques, en occurrence le choix du dauphin de Patrice Talon.

Sans gêne et à sa guise, Patrice Talon, a désigné Romuald Wadagni, le 31 août dernier. Tout ceci loin du réseau "OB 2026", proche de Olivier Boko et autrefois très actif, mais désormais affaibli.

Cette condamnation de Olivier Boko marque un tournant dans le paysage politique béninois. En effet, l'ex bras droit du leader de la "Rupture", réputé pour ses liens avec des acteurs politiques de premier plan, certains feudataires de la mouvance présidentielle voyaient en lui un potentiel acteur de la recomposition des alliances à l’approche de la présidentielle de 2026. Ce qui n'est plus possible.

À l’heure du premier anniversaire de son arrestation, une question demeure. En cas de victoire à la présidentielle de 2026, que fera Romuald Wadagni du dossier "Olivier Boko" ? Va-t-il le réhabiliter? 

Quoi qu’il en soit, l’affaire Olivier Boko restera une page marquante de l’histoire politico-judiciaire récente du Bénin, et ses répercussions se font encore sentir bien au-delà du prétoire. 

Une chose est certaine,  l’affaire Olivier Boko n'a pas fini d'alimenter les débats. 

À titre de rappel, Olivier Boko a été condamné au même que l'ancien ministre des Sports Homeki considéré comme son complice. Ils ont été tous condamnés à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).


Nourou TIDJANI


lafriqueenmarche du 21 septembre 2025 No 1009