Quand l'opération Kamikaze contre la résidence du ministre Sadio Camara, a débuté, il fallait exfilter le président Goïta dont la résidence est à quelques encablures de celle du ministre Sadio Camara au camp de Kati. Quelles sont les grandes phases de l'opération spéciale d'évacuation de Assimi Goïta? Comment ceux qui veulent le sauver, ont-ils procédé. Quelle option a été validée au finish par le général pour quitter le camp de Kati ?
COMME DANS UNE SÉRIE HOLLYWOODIENNE
Deux options étaient sur la table pour faire quitter la garnison de Kati aux mains des terroristes. La première consistait à l'exfiltrer par hélicoptère tandis que l'autre visait à recourir à un véhicule balisé.
Entre ces deux options, le général Goïta a tranché. Finalement,: pas d'hélicoptère, car trop risqué et de nature a attiré l'attention des terroristes avec leurs lance-roquettes étaient prêts à tout pour avoir sa peau.
Quand la dernière option a été priorisée, celle de l'exfiltration par un véhicule banalisé, il fallait organiser son départ du camp avec maestria.
Ses gardes qui ont réussi l'exploit de neutraliser chacun des conducteurs des deux véhicules Kamikazes lancés contre sa résidence, savent qu'un autre exploit les attendait.
Il fallait organiser l'une des manœuvres les plus complexes en protection rapprochée pour sortir le président Goïta du camp de Kati.
Cette exfiltration s'est déroulée en plusieurs phases. D'abord, il y a eu la planification. En effet, avant de passer à l'acte, la garde rapprochée, a fait une rapide étude de zone. C'est l'analyse des itinéraires comme les points de passage obligés
Ensuite, il y a le renseignement humain et technique. La garde a su apprécier la position des positions ennenies.
En troisième lieu, il y a eu la mise en place de la sécurisation du périmètre avec des éléments de couverture (snipers ou guetteurs) pour surveiller et prévenir toute arrivée de renforts ennemis.
En lors de la 4 ème quatrième phase, (moment critique), Assimi Goïta a été équipé d’une protection adéquate (gilet pare-balles et autres), a pu pour quitter le bâtiment en quelques secondes dans un véhicule banalisé au-delà de tout soupçon..
Durant la 5 ème phase dite phase de "Transit" la phase la plus dangereuse, on a fait traverser le camp à Assimi Goïta pour rejoindre une zone sûre.
OPÉRATION RÉUSSIE
Le choix du camp des forces spéciales à Bamako ne relève pas du hasard.
Dans Bamako sous contrôle des terroristes ce 25 au 26 avril, ce camp a été un lieu de mise en lieu sûr (Safe House) pour reprendre les experts militaires américains.
Une fois Goïta hors de portée de Kati, ce lieu de retranchement, a été sécurisé par véhicules blindés et des moyens aériens.
Signalons que lors du transit, sa garde a prévu la gestion des imprévus. Si l'itinéraire principal est bloqué, il faut basculer immédiatement sur des itinéraires de secours sans tergiversation en tenant compte de l'évolution de la menace en temps réel.
À TITRE DE RAPPEL
En décidant de quitter le camp de Kati pour un autre lieu sûr à Bamako, Assimi Goïta a fait un choix de raison.
En effet, il a choisi la garnison des Forces spéciales maliennes, le Camp de Samanko, qui abrite le Centre national d'aguerrissement dédié à la formation et au casernement de ces unités d'élite de l'armée malienne.
Ce site comme siège social est principalement connu comme le Centre de formation des recrues du Bataillon autonome des Forces spéciales et des Centres d'aguerrissement (BAFS-CA).
À titre de rappel, au camp de Samanko, Assimi Goïta est en territoire conquis. Cette unité a été commandée par lui, il y a quelques années. Là, il avait l'avantage du terrain et la sécurité.
La suite lui a donné raison, car c'est de ce camp que le quadrillage de Bamako et la reconquête des forteresses des terroristes, a été menée avec succès.
Arouna AMADOU de retour de Bamako
L'Afrique en marche du 1 mai 2026 No 1169

