L'Editorial de Murielle MENSAH 


Dans le contexte actuel, le Code électoral a ses partisans et détracteurs. Trois camps semblent être au front ou au festival d'idées. Quels sont les arguments des uns et des autres ? 

La Loi N° 2024-13 du 15 mars 2024 modifiant et complétant la Loi N° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral donne depuis sa promulgation, une sorte de pistes de disques avec plusieurs sons. Entre ceux qui applaudissent, ceux qui se taisent et les autres qui critiquent, on a une sorte d'atmosphère de "guerre d'idées".

Commençant par ceux optent pour le silence. Dans une position de ligne médiane, ils ne sont ni chauds ni froids. 

Fatalistes, leur refrain se résume à : « Dieu aime le Bénin.». Pour eux, il y a du bon et des points noirs dans ce code. Cependant, ils préfèrent le silence pour éviter des ennuis juridiques disent en coulisses certains.

Ils sont convaincus d'une chose, la crise ne viendra jamais, car pariant sur l’alignement des planètes en faveur du génie politique qui permet d'arrondir les angles depuis 1990, début du renouveau démocratique dans notre pays.


ARGUMENTS ET CONTRE ARGUMENTS...

Ensuite, on a ceux qui applaudissent le génie de leur champion, Patrice Talon. Pour eux, nos anciens codes électoraux drainent trop de tares. Et au regard de l'état de notre démocratie, Patrice Talon, au regard de la réforme du système partisan, a su insuffler du sang neuf. 

Les "réformateurs" (les tenants de la "Rupture" et leurs soutiens électoraux), disent à coeur joie : « Sans ce code, à un an de la présidentielle, tous les plaisantins politiques auraient déclaré déjà leur candidature dans une comédie que tous les Béninois connaissent...». 

Il y a enfin ceux qui disent que le Code électoral draine des difficultés potentielles.  Pour les détracteurs de la loi électorale, elle sera crisogène. Ils craignent par instigation qu'aucun parti ne parvienne aux critères d’éligibilité lors des prochaines législatives de 2026 surtout avec le seuil de 20% 

En clair, par rapport au Code, ils veulent clairement une relecture, car cette loi est viciée, vicieuse et antidémocratique.

Pour les défenseurs de cette ligne, la disposition des 20% qui est surtout dans le viseur contrevient au principe éthique d'un homme, une voix. Il urge d'anticiper et éviter les atteintes prévisibles.

Au nom de la paix, à moins d’une année avant les échéances électorales fatidiques, les dubitatifs souhaitent  une relecture de la loi électorale et la suppression des "articles avec forte potentialité d'interprétation".

Entre les douces efficacités attendues, le Bénin a encore quelques mois pour dissiper les incertitudes redoutées 


lafriqueenmarche du 11 juin 2025 No 930