L'Editorial de Murielle MENSAH
Le Bénin ne s'est donc pas abstenu lors du vote relatif à la résolution relative à la Traite négrière. Avec la montée au créneau de la diplomatie béninoise pour rétablir la vérité, la parenthèse du fiasco pour notre pays est-elle définitivement refermée?
L'information selon laquelle le Bénin se serait abstenu est inexacte selon la diplomatie beninoise.
En réalité, le Bénin a voté en faveur de la résolution de l'Onu en date du 25 mars 2026, résolution qui qualifie la Traite des esclaves africains de « Pire crime contre l'humanité ».
Concernant ce vote, selon la diplomatie beninoise, c'est une absence technique initiale qui a semé le doute.
En effet, l'ambassadeur du Bénin près les Nations unies, n'était pas physiquement présent dans la salle au moment du vote formel pour des raisons administratives.
Cette absence a initialement suscité des interrogations et des critiques. Certains y ont vu un manque de cohérence avec la politique mémorielle du pays.
PRÉCISIONS IMPORTANTES
Dans la perspective de cette résolution, le gouvernement béninois, a été non seulement co-sponsor de la résolution, mais a officiellement notifié son vote favorable au secrétariat général de l'Onu dès le 27 mars 2026, conformément aux procédures autorisées.
Le Bénin, épicentre de la sauvegarde de la mémoire de l'esclavage, ne pouvait se permettre un tel fiasco.
BÉNIN, FIDÈLE À SON SERMENT
Au-delà de l’ombre, le Bénin ne pouvait se permettre que les reflets de sa lumière pour la sauvegarde de la mémoire collective ne soit sous l'éteignoir.
En effet, le Bénin longtemps sur les rivages de Ouidah, murmure les échos d’un passé de fer et de larmes, portant le poids d’une histoire que le temps ne saurait effacer.
Mieux encore, depuis 10 ans avec Patrice Talon, c’est de cette même terre qu’émane aujourd'hui un souffle de rédemption, puissant et inéluctable.
Le 25 mars dernier, le silence de l’absence à l'Onu, a pu ressembler à un oubli, une ombre fugace sur le miroir de notre dignité. Et c'était incompréhensible.
En rectifiant sa position dès le 27 mars, en affirmant sa voix au cœur du concert des Nations, la patrie des Amazones a transformé un "dysfonctionnement administratif" en un acte de souveraineté mémorielle. Notre pays a choisi la présence la bonne voie.
Soutenir cette résolution historique qui érige enfin la Traite transatlantique en crime suprême contre l'humanité n'était pas seulement un vote ; c'était la suite de notre label.
Le Bénin a prouvé que si l’on peut hériter d’une tragédie, on choisit sa destinée. Et en sanctuarisant la mémoire, le pays a lavé l’affront et sauvé son honneur.
Aujourd'hui, quelques jours après cette situation à l'Onu, le Bénin peut continuer par regarder ses côtes non plus comme un lieu de départ forcé, mais comme le port d’une dignité retrouvée.
Si la face est sauve et l’honneur est retrouvé, n'est-il pas impérieux que notre diplomatie prépare mieux ces rendez-vous mondiaux fatidiques?
L'Afrique en marche du 31 mars 2026 No 1148


