La Chronique internationale de Salifou DIAGNE 

Au moment où l'Afrique parle développement avec "Africa Forward" à Nairobi et "CEO Forum" à Kigali, voici l'épidémie d'Ebola avec toute son train de peur. Va-t-on encore assister à un autre choc épidémique après la maladie de Covid ? 

Pendant que l'Afrique dessine son destin économique à Nairobi avec "Africa Forward", et que l’élite des affaires redéfinit la croissance au Sommet CEO à Kigali, une autre réalité s'invite. 

Loin des salons feutrés de la haute finance et des visions optimistes du continent de demain, Ebola surgit. 

En effet, cette épidémie qui déferle sur la RDC pour atteindre d'autres pays de la région (Ouganda, Soudan du Sud, Rwanda...), n'apporte ni capitaux ni projets d'infrastructure. 

L'épidémie d'Ebola est arrivée avec son train de psychose, pour rappeler l'implacable dualité de notre époque, avec le contraste saisissant d'un continent en pleine accélération, brutalement confronté aux turbulences de l'esprit et aux vertiges de l'incertitude.

DES TRAJECTOIRES...

Pour une même Afrique, nous avons deux trajectoires. L'une court vers l'avenir, et l'autre matérialise les peurs invisibles du présent avec cette épidémie.

Alors que la marche est lancée, voici Ebola, qui nous rappelle que le développement ne se mesure pas qu'en graphiques, il se vit aussi dans la chair et le tumulte de nos consciences.

Quand l'Afrique dessine son avenir à Nairobi avec "Africa Forward" et scelle sa puissance économique à Kigali au "CEO Forum", revoici l'ombre brutale d'Ebola qui resurgit pour tester notre résilience et réveiller nos vieux démons.

Entre le contraste africain entre sommets il urge que l'élan soit brisé et que les esprits visionnaires quand ils finissent de planifier l'émergence à Nairobi et Kigali, surfent sur le rappel du sol.

Le virus d'Ebola,  réimpose l'urgence sanitaire immédiate avec la double réalité.  En effet, depuis quelques jours, les projecteurs des palaces économiques font face à la lueur des centres d'isolement du fait d'Ebola avec son foyer en RDC 

D'où le défi ultime qui exige de concilier la trajectoire du développement et la gestion de la psychose.

... POUR ÉVITER LE DRAME

Au moment même où l'Afrique s'installe à la table du futur, une vieille connaissance frappe à la porte de nos urgences.

À Nairobi, les esprits s'échauffent autour des promesses de l'initiative "Africa Forward"pour  dessiner les contours d'un continent interconnecté, souverain et technologique.

Quelques fuseaux horaires plus loin, Kigali vibre au rythme du "CEO Forum", là où se nouent les alliances financières qui doivent financer le développement du continent.

L'Afrique parle, l'Afrique décide, l'Afrique avance.Pourtant, dans le silence des laboratoires et l'angoisse des premiers villages touchés par le spectre d'Ebola qui refait surface, la peur gagne du terrain. Surtout qu'aucun vaccin n'existe contre le variant  qui a fait son apparition.

Avec ce variant, les  frontières se ferment et de traumatismes enfouis s'invitent au banquet de l'émergence. 

Le contraste est saisissant, presque cruel. D'un côté, les costumes sur mesure des décideurs qui planifient le siècle du continent africain. De l'autre, les combinaisons étanches des soignants qui protègent la vie. 

C'est l'éternel paradoxe d'un continent condamné à aller vers son développement tout en retenant son souffle face aux crises. 

La véritable émergence ne se mesurera pas seulement à la hauteur des gratte-ciels de nos capitales ou au volume des investissements validés à Nairobi et Kigali.

Le feu épidémique qui a quitté la RDC, s'il doit s'éteindre, dépendra de notre capacité, de notre élan de de nos ambitions. 

La psychose ne doit pas dicter notre avenir. Elle doit simplement nous rappeler que le développement sans sécurité sanitaire n'est qu'un colosse aux pieds d'argile.

L'Afrique en marche du 20 mai 2026 No 1183