L'Editorial de Murielle MENSAH

Attendu en tant que 1er vice-président du parti pour assurer l'intérim de Boni Yayi démissionnaire, Eric Houndété vient une nouvelle fois de porter sa couronne d'épines. Avec ce qui s'est passé le dimanche 22 mars dernier, ses clous sont-ils devenus des décrets d'exclusion ?

Eric Houndété, finalement le 22 mars dernier, n'a plus été président intérimaire du parti "Les Démocrates". 

Ces contingences surviennent après son élimination en 2021 au profit de Reckyath Madougou à la présidentielle de cette année-là. 

Ensuite, on a encore en mémoire le feuilleton d'octobre 2025, quand Eric Houndété, a été encore écarté au profit de Renaud Agbodjo pour le ticket présidentiel dudit parti, ticket finalement disqualifié.

Sans oublier qu'en tant que président du parti "Les Démocrates", il a été rétrogradé au poste de 1er vice-président lors du congrès dudit parti en octobre 2023 à Parakou.

MÉCANISME BIEN RODÉ ?

Pour une troisième fois donc dans l'histoire du parti "Les Démocrates",  le calvaire du mal-aimé rattrape Eric Houndété avec un nouveau marqueur.

En effet, à chaque fois que Éric Houndété avance, le poids d'une couronne d’épines tressée par les mêmes mains qu’il a servies dans cette formation politique agissent.

Pour ce 1er vice-président, chaque occasion où c'est son tour, son sort ressemble au Gethsémané. A chaque fois, et trois déjà, Eric Houndété subit une période de solitude profonde marquée par  la trahison. Cette dernière ne vient pas de l’ennemi, mais du baiser des mentors et de ses pairs.

Eric Houndété, l’artisan de la victoire de février 2023, lors des législatives avec 28 députés, n'a jamais fini à la place convenue.

En effet, celui qui a porté le parti "Les Démocrates" sur ses épaules, n'a jamais eu droit à la lumière au seuil de Golgotha. 

Par trois fois déjà, le mal-aimé subit la déchéance des  inflexibles traites, qui  préfèrent le sacrifier.

À son Golgotha, on demande à Eric Houndété de boire le calice jusqu’à la lie avec le silence face à l’affront, la soumission face au déni de droit.

À son Golgotha, c'est une passion politique pour Éric Houndété où les clous sont des décrets d'exclusion et la lance apparaît comme un mépris souverain. 

Pourtant, dans ce dépouillement, une vérité demeure. Que les inflexibles acharnés s'en souviennent. Même quand on crucifie les bénis de Dieu, à chaque Vendredi Saint d'injustice, vient le souffle d'un matin de Pâques. La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est souvent celle qui finit par soutenir l'édifice.

ENTRE OMBRES ET ZÉNITH

Il ne peut en être autrement, car sans manier l'ironie et la métaphore, il y a un acharnement systémique contre Eric Houndété. 

En effet, il a des ombres que le zénith ne parvient jamais à dissiper. Pour la troisième fois, l'histoire bégaie sous le poids d’une main invisible, celle qui redessine les règles dès que Éric Houndété s’apprête à devenir le premier.

À chaque grand rendez-vous de son destin, on ne voit que de l'horlogerie. Un mécanisme trop parfait pour être honnête, qui s'enclenche systématiquement au moment précis où le destin doit s'accomplir.

Au parti "Les Démocrates", c'est tout comme le mérite est une menace et que la compétition n'est qu'un décor de théâtre.

Pourquoi assiste-t-on à une obstruction méthodique quand le verrou tourne trois fois sur la même porte?

Le sort de Houndété n'est plus une coïncidence, c'est une signature. Et si les irréductibles briseurs de destin au parti "Les Démocrates" méditaient cette sagesse africaine : « Plus on comprime un ressort, plus sa force de réaction devient imprévisible lorsqu'il finit par se libérer.» ? 

L'Afrique en marche du 25 mars No 1144