L'Editorial de Murielle MENSAH
La campagne présidentielle poursuit son bonhomme de chemin. Ces derniers jours, l'ambiance de cette campagne, a atteint son paroxysme avec l'allégorie de : « La veuve qui a rejoint un nouveau partenaire sans trahison ni adultère.». Cette allégorie émane de Guy Mitokpè, ex responsable à la communication du parti "Les Démocrates", justifie son départ de son ancien parti pour rejoindre Romuald Wadagni. Quelle grille de lecture peut-on en dégager de cette allégorie ?
Dans la liesse de ses meetings et pour justifier la manière dont il est parti avec bagages à califourchon, Guy Mitokpè, brise le murmure vibrant des cocotiers de la 19 ème circonscription électorale, avec cette allégorie bien imaginée.
Pour lui, le Bénin s'habille d'un nouveau jour, avec cette allégorie de la veuve sereine qui, après avoir porté dignement le deuil d’un temps révolu, choisit de rouvrir son cœur, à un nouveau partenaire sans trahison ni élan adultérin.
En quittant le parti "Les Démocrates" pour soutenir Romuald Wadagni, la Nation s'avance vers son destin.
Son geste n'est ni un oubli, ni une offense aux ombres du passé. Elle ne trahit rien ; elle honore un pays en plein essor.
Dans cette main tendue vers un nouveau partenaire, il n'y a point de péché d'infidélité, mais le sacre d'un renouveau nécessaire, surtout en politique. Comme cette veuve, le pays ne renie pas ses racines, il cherche simplement une nouvelle force pour porter ses fruits.
Pour Guy Mitokpè, ce n'est donc pas une renonciation à ses convictions d'hier. C’est l’union sacrée où chaque bulletin de vote est une promesse d'alliance, loin de toute trahison ou d’instinct de survie.
Une veuve, gardienne d’un souvenir sacré, qui choisit d'ouvrir à nouveau son cœur, ce n'est ni un parjure, ni un adultère de l’âme, mais l’aboutissement d’un deuil assumé pour laisser place à une aube nouvelle.
Dans cette allégorie, Guy Mitokpè jure que ce lien naît d'une conviction profonde et d'un engagement envers la vie, et non d'une fuite.
Le passé avec le parti "Les Démocrates", est une terre fertile, le futur est cet amant légitime qui attend, au carrefour de la démocratie, que la veuve redevienne épouse de son propre progrès.
POUR UNE POÉSIE SINGULIÈRE
L’atmosphère de la campagne présidentielle au Bénin se pare d’une poésie singulière, celle qui se réinvente. Malheureusement, cette réinvention se résume en un mot : " Transhumance".
En effet, à l'opposé de cette union lumineuse, se tapit l'ombre de la transhumance politique. Là où la veuve cherche un destin, et si le transhumant ne cherche qu'un pâturage?
Ce n'est plus de la conviction, c'est de l'errance. Ce n'est plus un engagement, c'est un calcul.
Contrairement à notre veuve qui change de vie par nécessité, l'homme politique joue au "nomade des urnes".
Dès lors, on n'est pas surpris de voir des adversaires résolus d'hier changer de camp, oubliant la loyauté et la noblesse du contrat démocratique.
On avait cru à la rigueur du système partisan pour enterrer à jamais la transhumance et ses bruits de bottes opportunistes, qui confondent la passion du service avec le commerce des vestes retournées.
Doit-on en être surpris de ces ralliements quand on sait que sous les tropiques le mot "JAMAIS" n'existe pas en politique.
L'Afrique en marche du 7 avril 2026 No 1153
