Muhammadu Buhari s'est éteint le 13 juillet dernier à Londres. Sa dépouille a été ramenée au bercail et enterrée à Dauru, son village natal. Muhammadu Buhari est un militaire nationaliste, qui lors de la guerre du Biafra, a défendu la République fédérale contre le plan français qui soutenait la sécession. Et si on revisitait la partition de Buhari comme nationaliste durant ce conflit ?
La guerre du Biafra a duré de 1967 à 1970. Une petite piqûre de rappel oblige à dire que derrière la sécession proclamée par le colonel Odumegwu Ojukwu dans la région du Sud-Est, alors déclarée "République du Biafra", il y a la main de la France.
En effet, le Biafra regorge d'importantes ressources énergétiques (pétrole et gaz). D'où le plan secret français au début, et officiellement assumé après par la France dirigée à l'époque par Charles de Gaulle.
Le plan français documenté par des sources onusiennes de l'époque consistait à fournir une aide militaire et financière au colonel Odumegwu Ojukwu.
Ainsi, armes et munitions transitaient par le Gabon de Omar Bongo et la Côte d'Ivoire de Boigny. Objectif, en cas de réussite de cette initiative dangereuse du leader sécessionniste, Odumegwu Ojukwu, le plan français consistait à "brancher" des multinationales françaises pour pomper l'or noir du Nigeria comme retour sur investissement.
Malheureusement, malgré les ponts aériens avec armes et munitions à partir de Libreville et Abidjan, l'armée nationale a dompté les rebelles et leur leader Odumegwu Ojukwu.
SUR LA ROUTE DE L'HISTOIRE...
Au bout du rouleau, le Nigeria est aujourd'hui début comme République fédérale et peut faire valoir son titre de première puissance économique africaine.
Pour parvenir à cette victoire, des soldats loyalistes y ont pris une part importante. Au nombre des fers de lance de cette victoire, un certain Muhammadu Buhari. C'est un nom qui évoque à la fois autorité militaire et engagement fédéraliste.
Oui, jeune officier engagé au cœur de la guerre civile nigériane, Buhari a marqué l’histoire. Militaire, àgé d’à peine 25 ans au début du conflit, Muhammadu Buhari, déjà officier dans l’armée nigériane, rejoignit rapidement les troupes gouvernementales chargées de mater la sécession.
Pour Buhari, originaire du Nord, cette guerre ne se résumait pas à un affrontement régional : elle représentait un combat pour l’unité et l’intégrité territoriale du Nigeria.
Engagé sur le front de Nsukka, puis dans les campagnes d’Enugu, le jeune Buhari participa à plusieurs opérations majeures ayant conduit à la reconquête progressive du territoire biafrais.
...UNE FIGURE EMBLÉMATIQUE POUR L'UNITÉ NATIONALE
Des sources militaires de l’époque soulignent sa discipline stricte, sa loyauté envers la hiérarchie fédérale et son rejet de toute forme de partition du pays.
Loin de toute posture opportuniste, Buhari se forgea durant cette guerre, une image résolue de nationaliste. Il était persuadé que seule une République fédérale unie pourrait assurer la stabilité du Nigeria. Ce positionnement marqua durablement sa vision politique et son style autoritaire.
En évoquant la guerre du Biafra, certains observateurs notent que l’expérience de Buhari dans ce conflit fondateur a façonné son parcours comme aucun autre événement, faisant de lui non seulement un militaire de terrain, mais aussi un chef d’État pétri de convictions fédéralistes.
Des décennies plus tard, lorsqu’il prit le pouvoir par un coup d’État en 1983, puis lors de son élection démocratique en 2015, Buhari conserva cette même ligne directrice.
Devenu président civil, le général Buhari a poursuivi le service après vente au nom de l'unité du Nigeria.
Pour lui, rien n'est à négocier par rapport à la primauté de l’unité nationale sur les revendications régionales. Il n’hésita pas, pendant ses deux mandats, à condamner ouvertement les mouvements séparatistes, notamment l’IPOB (Indigenous People of Biafra), les qualifiant de menaces à la paix.
Buhari reste pour le Nigeria, un symbole de patriotisme et de défense de la Nation.
Wilfried GBÊGAN correspondant au Nigeria
lafriqueenmarche du 16 juillet 2025 No 955


