« Nous achetons des armes en Russie, mais pas de militaires russes au Burkina », a déclaré Ibrahim Traoré sur la coopération militaire avec la Russie lors d'une interview avec de nombreux africains et occidentaux.

Cette déclaration du président du Burkina Ibrahim Traoré souligne la volonté du Burkina Faso de privilégier l'acquisition de matériel militaire tout en affirmant sa souveraineté vis-à-vis d'une présence de troupes étrangères au sol.

Au titre de la coopération militaire et technique, le Burkina Faso achète activement du matériel de défense en Russie. 

Mieux, il faut souligner les dons. Récemment, en février 2026, la Russie a effectué des dons de matériels (groupes électrogènes, purificateurs d'eau) destinés aux zones de combat pour soutenir les forces armées burkinabè.

AMBITIONS AFFICHÉES

L'objectif de Traoré est d'utiliser le soutien russe pour développer une industrie militaire nationale. Cela inclut le transfert de compétences pour que les ingénieurs burkinabè puissent eux-mêmes concevoir et entretenir leurs machines.

Au-delà, le Burkina mise sur la formation scientifique. En effet, le renforcement de la coopération passe par l'enseignement des sciences (mathématiques, physique, chimie) afin de structurer durablement le secteur de la défense. 

Au nom de la souveraineté, Ibrahim Traoré refuse une présence militaire massive.

En effet, contrairement à d'autres contextes régionaux, la position officielle de Traoré est de ne pas accueillir de troupes combattantes russes pour mener la guerre à la place des Burkinabè.

Cependant, au nom du partenariat stratégique,  la relation est décrite comme un modèle de coopération entre armées, mais elle se concentre sur le partage d'expériences et le soutien logistique plutôt que sur une substitution de forces.

Cette déclaration de Traoré est donc en démarcation aux sources occidentales, qui indiquent une présence limitée d'éléments du Corps africain russe (successeur de Wagner) pour des missions spécifiques, notamment la sécurité de haut niveau, depuis début 2024. 

Jean-Pierre SAMOU correspondant au Burkina

L'Afrique en marche du 3 avril 2026 No 1151