Par Koffi TETEY correspondant au Ghana 

Le Maroc a battu le Nigeria aux tirs au but lors de la demi-finale de la Can 2025 le 14 janvier 2026. Avant les tirs aux buts, il y a eu un incident. Il s'agit de la saisie de la serviette du gardien nigérian, Stanley Nwabali, par des supporters marocains. Depuis lors, que discussions sur la superstition relative aux serviettes des gardiens dans le football africain. 

L'incident qui a impliqué la serviette du gardien nigérian près de son poteau, a suscité un scandale dans la presse nigériane. Certains y voient une tentative de perturbation psychologique. Cet incident met en lumière la place importante de la supertition et des croyances dans le football africain.

Parlant de superstitions et de croyances traditionnelles, les actes matériels sont souvent liées au maraboutage et aux gris-gris. Ces actes sont très répandus dans le football africain. Ce qui affecte à la fois les joueurs, les équipes et les supporters. Bien que tabou, cette tendance influence le déroulement et l'issue des matchs et est une réalité pour de nombreux acteurs du sport continental. 

PATRIQUES EN DÉPIT DE LA RATIONALITÉ DU FOOTBALL 

Parlant de gris-gris et autres pratiques mystiques dans le football africain, on y voit diverses tendances. Elles sont profondément ancrées dans les cultures traditionnelles, souvent en parallèle des religions pratiquées comme l'islam et le christianisme. 

Parlant de gris-gris et amulettes, de nombreux joueurs et équipes utilisent des talismans ou d'autres objets considérés comme protecteurs ou porte-bonheur. Mieux, on parle de rituels d'avant-match, spécifiques et souvent pratiqués avant ou pendant les matchs, allant de gestes personnels (porter un maillot ou des chaussures spécifiques). Certaines indiscrétions font état de cérémonies plus complexes, qui impliquent parfois des sacrifices d'animaux ou l'utilisation de mélanges spéciaux.

En outre, d'autres révélations font état de maraboutage et de sorcellerie. En effet, le recours à des marabouts ou des sorciers pour influencer le résultat d'un match, ou jeter un sort sur l'adversaire ou protéger sa propre équipe est une pratique connue, bien que controversée.

Pour certains joueurs, ces rituels renforcent leur psychisme, leur confiance et leur concentration, leur permettant de se sentir plus aptes à provoquer la chance durant le match. Ces pratiques suscitent des débats et des tensions au sein de la communauté footballistique africaine.

En effet, certains estiment que le recours à de telles méthodes donne une mauvaise image du football africain et entrave sa professionnalisation, suggérant un manque de confiance dans la préparation technique et physique.

Les accusations de sorcellerie peuvent créer des conflits entre équipes et supporters. Des pays comme le Rwanda ont même interdit l'utilisation de la sorcellerie dans le sport pour éviter ces problèmes.

Pour d'autres, ces croyances font partie intégrante de la culture africaine et doivent être acceptées comme une dimension non rationnelle de la préparation. À l'heure où le football est une discipline de plus en plus rationnelle basée sur la stratégie et les compétences athlétiques, le football africain a intérêt à se débarrasser des effets endogènes de spiritualité et de  superstition. 

L'Afrique en marche du 18 janvier 2025 No 1095