L'Editorial de Murielle MENSAH
À l'heure du jubilé d'or, une immense grâce, disons jeux anniversaire à la CEDEAO. Avec les années, le temps joue-t-il contre la CEDEAO ?
Les années passent et repassent. Le 28 mai 1975, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) a été portée sur les fonts baptismaux.
Les deux pères fondateurs ont nom Yacubu Gowon du Nigeria (encore en vie) et feu Eyadéma Gnassingbé du Togo. Grâce aux pères fondateurs, quelle merveilleuse grâce de souffler 50 bougies.
La CEDEAO a été un océan puissant. Durant 50 ans, cet espace sous-régional a été un océan dont les flots inondent 15 États.
Dans ces derniers, on peut voyager sans carte de séjour. Un seul document suffit pour traverser 15 Nations, rendant la libre circulation des personnes et des biens comme une réalité tangible.
Mieux, dans cet espace, la Cour de justice de la CEDEAO peut trancher des différends au nom de la notion de citoyenneté régionale. En la matière, la CEDEAO peut bomber le torse, car elle est la seule en Afrique à pouvoir revendiquer et valoriser ce concept.
La CEDEAO a vu le jour sans le sang du calvaire et empêcher de continuer à perpétuer les forfaits du colonialisme.
...ET VINT LES RIDES
Malheureusement, ce flot de lumière, ce parfait et céleste havre de paix s'est disloqué.
Onde sur onde, comme un flot puissant, cet odeur de parfum a déserté le forum.
Il y a eu après tout ce qui a fragilisé la CEDEAO. Certains présidents ont préféré tripatouiller leur Constitution pour rester au pouvoir. D'autres ont préféré truquer les élections pour s'accrocher et perpétuer leur magister ad vitam.
Corruption, mauvaise gouvernance politique et violation des droits de l'homme a fait le lit de l’enfer qui gronde, cherchant à ébranler les grâces d'antan.
Et vint le Mali qui marche sans plus trembler. En 2020, un coup d'État intervient dans ce pays. La mauvaise approche de la CEDEAO (embargo économique) devint un flot vainqueur pour deux autres pays, en occurrence le Burkina et le Niger.
Dans le cas du Niger, la menace d'intervention pour rétablir le pouvoir renversé en 2023, a engendré après l'AES entraînée vers la gloire.
Le trio rebelle (Mali, Burkina et Niger) est parti. Les 12 autres doivent se réinviter comme un fleuve qui coulera pour éviter d'autres de chavirer.
50 ans, c'est beaucoup dans la vie d'une institution. Que la CEDEAO tienne compte de ses erreurs. Et que tout en vieillissant, qu'elle se rajeunisse à faire des jaloux parmi les dinosaures.
lafriqueenmarche du 28 mai 2025 No 917

