L'Editorial de Murielle MENSAH

Comment analyser le taux de participation enregistré lors du scrutin présidentiel au Bénin le 12 avril dernier ? 

Dans son premier message après sa victoire écrasante à la présidentielle du 12 avril dernier, Romuald Wadagni, a laissé un message important sur sa page Facebook. En substance, il salue une victoire collective.

Avec un scrutin exclusif où l'opposition a été exclu, le peuple souverain était aux urnes. Après 10 ans où les Béninois refusaient d'aller au vote, après l'apathie électorale, le peuple souverain béninois est largement sorti pour aller voter avec un taux de participation qui plafonne à 58,75 %. Ce taux dépasse les taux largement inférieurs à 50% des scrutins passés depuis 10 ans.

Comment expliquer cet enthousiasme soudain pour un scrutin jugé par certains comme exclusif ou joué d'avance ? 

Avec un taux de participation de 58,75 %, c'est un chiffre qui  contraste avec les observations initiales de certains faisant état d'un scrutin sans réel engouement. 

ÉLECTION D'UN NOUVEAU PRÉSIDENT,  SOUTIEN DE SOGLO, MOBILISATION DE LA MOUVANCE...

D'abord, on a l'enjeu de la succession. Un jeune et brillant technocrate en la personne de Romuald Wadagni, est positionné pour prendre la succession de Patrice Talon. 

En effet,  ce scrutin marquait la fin des deux mandats de Patrice Talon. La perspective d'élire un nouveau président après une décennie, a mobilisé le peuple souverain béninois. 

Ensuite, il y a Patrice Talon, l'homme-orchestre. Malgré la rigueur du système partisan, il a donné une lisibilité politique au Bénin. À cela, le bilan économique reluisant de Talon, a également pesé dans la balance. En guise de gratitude pour son œuvre de construction, les Béninois ont décidé d'aller voter.

Le rôle de Soglo est à prendre en compte. Après avoir critiqué le régime Talon pendant huit ans, le président Soglo, a été visité la Zone industrielle de Glodjigbé. Au terme de cette visite, il a exceptionnellement apprécié le travail abattu et la vision de développement de ce programme.

Après, il a fait d'autres visites de chantiers comme l'hôpital CHIC, la Cité de Ouèdo, le Sofitel de Cotonou, le musée international de Porto-Novo, le Parlement en construction dans notre capitale politique...

Et pour finir, comme la voix du président Soglo porte toujours, il a demandé le 1er septembre 2025 depuis Paris, au peuple béninois de voter Wadagni.

Et pour joindre l'acte à la parole, il a personnellement malgré ses 94 ans, fait deux meetings avec Wadagni à Bohicon et à Cotonou (Gbègamey).

Également, on a le soutien des formations politiques de la mouvance présidentielle au profit du duo vainqueur, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata. Ainsi, l'UPR et le BR, ont mené une campagne active pour assurer la légitimité de leur candidat.

En outre, on a l'enthousiasme de nombreux mouvements et associations de jeunes au profit de Romuald Wadagni ( les mouvements "Waro"). Tout ce beau monde associatif, a misé sur un ancrage profond au sein de la jeunesse pour stimuler la participation populaire.

La société civile, n'a pas été en marge. Elle a organisé beaucoup d'initiatives pour Wadagni telles que "Bénin Bouge". Toutes ces initiatives de la société civile, ont eu pour objectif d'exhorter les citoyens à aller voter.

Enfin, de nombreuses campagnes de sensibilisation, ont été menées par des ex responsables du Parti "Les Démocrates". Malgré la consigne de vote de ce parti de l'opposition, certains de ses leaders ont publiquement fait campagne pour Wadagni.

Tout ceci a eu pour effet un taux de participation record depuis 10 ans, grâce au réveil citoyen, grâce à une mobilisation historique, qui porte la démocratie en plein essor.

Cette participation record est le sacre du bulletin qui permet aux électeurs de prendre le pouvoir et de faire mentir l'abstention.

Au regard de ce taux, Romuald Wadagni n'a-t-il pas raison quand il parle d'une victoire collective ? 

L'Afrique en marche du 15 avril 2025 No 1158