L'Editorial de Titus FOLLY
Le président du Parlement, Joseph Djogbénou, dans son discours d'investiture, hier, a honoré une figure emblématique de la vie parlementaire au Bénin : celle de Rosine Soglo. Au-delà d'une simple oraison, peut-on y voir la rencontre de deux avocats? La question sera au centre de l'exercice de L'Editorial du jour, un exercice que je fais en lieu et place de Murielle que je salue au passage pour son don de soi depuis l'Europe en dépit de ses impératifs de calendrier.
Joseph Djogbénou, a décidé de rendre hommage à feue Rosine Soglo. En saluant cette mémoire, le président du Parlement, transforme l'hémicycle en un sanctuaire de continuité et de profondeur républicaine.
Joseph Djogbénou, a très bien fait de combler ce vide. En effet, au décès de Rosine Soglo, le 25 juillet 2021, Louis Vlavonou, ci-devant président de l'Assemblée nationale du Bénin, n'a pas eu le courage politique de rendre un vibrant hommage à feu Rosine Soglo.
À cette époque, il y avait des clivages d'obédience entre la défunte et une partie de la classe politique. D'où cette sorte de regard inquisiteur, qui a rayonné.
Oui, hier, Joseph Djogbénou, a dans une certaine mesure redorer l'image du Parlement, car rendre hommage à Rosine Soglo pour son parcours au Parlement, ne peut engendrer une sorte de fatwa.
HOMMAGE SOLENNEL
La voix de Joseph Djogbénou, lors de cet hommage, n’a pas seulement retracé un parcours, elle a réveillé l’âme du Parlement.
À travers cet éloge, chaque mot est devenu une pierre angulaire, chaque assertion, a évoqué que les grands destins ne s'éteignent jamais.
Grâce à cette "oraison réparatrice" de Joseph Djogbénou, Rosine Soglo, après sa présence de deux décennies au Parlement, s'inscrit davantage dans le marbre de la mémoire de cette institution.
Saluer Rosine Soglo, cette figure emblématique, c’est réaffirmer que son engagement pour la Nation, a été un souffle, qui doit continuer de guider l'avenir de cette institution.
Avec cet hommage à Rosine Soglo, c'est le respect du passé qui devient la boussole de cette institution chère à notre démocratie.
Cet hommage de Joseph Djogbénou, sacralise l'engagement politique de Rosine Soglo, au-delà des clivages et renforce l'identité collective des parlementaires pour inspirer les nouvelles générations par l'exemple du dévouement.
Rosine Soglo, n'a pas été une personnalité dont la présence au Parlement,n'a été qu'une simple escale, mais une référence.
La force de Rosine Soglo réside dans ce qu’elle insuffle, cette certitude que l’engagement est le seul langage qui ne connaît pas de frontières.
À travers ce regard de Joseph Djogbénou, c'est la reconnaissance d'un héritage. C'est la matérialité de la reconnaissance d'un miroir d'exigence.
Le témoignage de Djogbénou, grave donc dans le marbre de cette institution, la mémoire de ceux qui, par leur seule stature, ont su rendre l'impossible évident et mémorable.
Cet hommage de Djogbénou, a un rythme ternaire avec l'utilisation de mots percutants en guise d'héritage et de stature.
Entre les colonnes de marbre et le poids des traditions, Rosine Soglo, a été ce souffle visible qui donnait de l'élan au renforcement de notre démocratie.
Sa voix, précise comme un scalpel et vaste comme une espérance, n’a pas seulement traversé les travées du Parlement. Rosine Soglo, a brisé les plafonds de verre par la seule force de sa rectitude.
Grâce à Joseph Djogbénou, même absente, regardons-la encore, cinq ans après son décès.
Rosine Soglo, portait en elle, l'héritage de l'audace. Elle ne transigeait pas, elle transfigurait. Elle a compris que le règlement intérieur du Parlement, doit battre au rythme de la dignité humaine et de la vitalité institutionnelle.
Entre murmure et tumulte des débats, on n'a pas souvent écouté une femme qui parlait, mais une justice qui s'incarnait.
Durant deux décennies au Parlement, elle a été la preuve que l'Assemblée nationale doit faire valoir la clarté de l'esprit et la ferveur du cœur.
ROSINE ET JOSEPH, LA RENCONTRE DES AVOCATS
Si Joseph Djogbénou écrit au présent le nom de feue Rosine Soglo, on ne doit pas être surpris.
Rosine Soglo et Joseph Djogbénou sont avocats, une profession qui mêle élégance, autorité naturelle et finesse d'esprit.
Joseph Djogbénou, a déjà donné le ton depuis son élection. L'aristocrate affirmé, a souligné l'équilibre entre la rigueur juridique et la sagesse politique.
Depuis son élection à la tête du Parlement béninois, il incarne une certaine clarté, transforme chaque intervention en une réflexion et chaque verdict en une évidence.
À la croisée du droit et de la cité, Joseph Djogbénou, veut incarner cette rare alchimie où la finesse du juriste rencontre la tempérance du sage, exactement comme dans les sillons de Rosine Soglo, qui exigeait certaines normes en son temps (comme le retard et l'absentéisme des députés)
Dès lors, depuis sa présence au perchoir, Joseph Djogbénou n'est pas seulement dans l'exercice, il est dans une leçon d'architecture intellectuelle.
Là où d’autres voient des ronces législatives, lui veut dessiner des perspectives. Là où le tumulte gronde, il veut imposer la force tranquille d’un raisonnement et d'une trame sans faille.
Sous le poids de l’hermine et du marteau, Joseph Djogbénou, veut faire rayonner une intelligence souveraine, qui ne cherche qu'à éclairer pour porter la voix du peuple avec la précision de l’orfèvre.
On avait l'éloquence oratoire de Rosine Soglo. Même si on doit regretter l'absence du pluralisme parlementaire avec cette 10 ème législature, on est convaincu que la prestance de Joseph Djogbénou, permettra d'entrevoir une renaissance de notre démocratie.
L'Afrique en marche du 16 avril 2026 No 1159

