L'Editorial de Murielle MENSAH
Patrice Talon était au 1er Sommet économique de l’Afrique de l’Ouest organisé par Bola Tinubu. Sans fiches, sans un PowerPoint sur une tablette, il a fait un discours remarqué en lançant un appel à une véritable intégration ouest. Pourquoi maintenant cette allocution de haut vol ?
« One Voice, One Future», tel était le thème de ce 1er premier sommet économique de l’Afrique de l’Ouest.
S'appuyant sur cette problématique à la crise structurelle qui mine l'institution, en passant par le déficit de confiance, Patrice Talon a impressionné l'assistance.
Certains à la CEDEAO le découvrent pour la première fois dans cette posture de cours magistral. Durant près d'une heure, il a peint et relevé les raisons objectives de l’inertie de l'organisation ouest-africaine. Sur toute la ligne, il a mis en exergue, le manque d’application des textes adoptés, mais aussi et surtout, la longue chaîne partant des chefs d’État pour relier leurs administrations respectives.
À chaque strate de son argumentaire, il a eu des mots forts pour appeler à une véritable intégration ouest africaine.
La Standing ovation à son endroit après sa démonstration, restera comme le moment fort de ce 1er sommet économique qui pourrait relancer la CEDEAO.
Dans les annales de la CEDEAO, on retiendra le nom du professeur Talon. On inscrira cette année 2025. On gardera le titre de son cours magistral.
TOUJOURS EST-IL QUE...
Pourquoi maintenant cette tonalité de Patrice Talon ?
Ce discours sonne comme celui d'un adieu à la CEDEAO. Au regard de ses multiples professions de foi, c'est la dernière participation de Patrice Talon à une rencontre statutaire de cette institution sous-régionale.
En effet, en mai 2026, le Bénin aura un nouveau président. Et quelques jours après, le prochain chef de l'État beninois se rendra en juin 2026 à Freetown, capitale de la Sierra Leone (actuelle présidence en exercice de la CEDEAO depuis ce 22 juin 2025) pour représenter notre pays.
Patrice Talon a déjà fait neuf ans de présence à la CEDEAO. Certes, il n'a pas toujours été présent à tous les sommets, préférant souvent rester à Cotonou pour travailler sur les dossiers de développement de son pays.
En dépit de sa prestance du No 1 béninois, une série de questions de la part de certains observateurs avisés résonne.
Pourquoi maintenant cette philosophie de solidarité et d’unité au nom de la CEDEAO ? Pourquoi n'a-t-il pas élever les consciences, pour restaurer la souveraineté ouest-africaine pendant qu'il était là ?
À la CEDEAO, beaucoup ont applaudi Patrice Talon, même si certains refusent d'oublier la contribution du Bénin ces derniers temps aux bégaiements de l'institution quand il s'agissait des sanctions contre le Mali et le Niger.
Patrice Talon par sa démonstration visuelle, auditive et kinesthésique, laisse en héritage des pistes pour une institution collective avec des actions plus stratégiques.
Reste maintenant à savoir quel impact aura son discours critique et autocritique sur les leaders actuels de la CEDEAO.
Cette allocation pourrait-elle marquer l’acte fondateur de l’intégration économique de l'Afrique de l'Ouest sans Patrice Talon après son départ en 2026 ?
lafriqueenmarche du 23 juin 2025 No 939

