Le Sénégalais Cheikh Anta Diop reste le socle de la décolonisation des savoirs en Afrique. Son apport ne se limite pas à l'histoire, mais définit une nouvelle manière pour le continent de se penser par lui-même. 40 ans après sa disparition en le 7 février 1986, revisitons son héritage de restauration de la conscience historique.

Diop a lutté contre le "dogme" colonial qui présentait l'Afrique comme un continent sans histoire avant l'arrivée des Européens. Son œuvre a permis aux Africains de retrouver un fil conducteur avec leurs ancêtres les plus lointains.

D'abord, son abnégation pour l'Égypte antique comme berceau nègre est à  saluer. Sa thèse majeure soutient que l'Égypte pharaonique était une civilisation noire. Cette théorie, défendue lors du célèbre Colloque du Caire en 1974, a repositionné l'Afrique au centre de l'histoire de l'humanité.

UNE INFLUENCE QUI PERDURE 

Ensuite, il y a son approche pluridisciplinaire et scientifique. En effet, en tant que physicien de formation, il a introduit les "sciences dures" dans l'historiographie en créant le premier laboratoire de datation par le Carbone 14 à l'IFAN de Dakar en 1961.

En outre, son œuvre a été immense en ce qui concerne l'unité culturelle et linguistique. À travers des ouvrages comme "L'Unité culturelle de l'Afrique noire", il a démontré les parentés linguistiques et sociologiques entre les différentes régions du continent.

Enfin, sa vision politique et panafricaine a été aussi remarquable. En effet l'illustre Sénégalais considérait la connaissance historique comme le préalable indispensable à la création d'un État fédéral africain, seul garant d'une véritable souveraineté. Incontestablement,  l'influence de Cheikh Anta Diop perdure aujourd'hui à travers l'École d'égyptologie africaine et des intellectuels comme Théophile Obenga.

L'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) porte son nom en hommage à ce combat pour la "vérité scientifique". Rappelons son ouvrage sublime "Nations nègres et culture". 

Blanchard LAWSON correspondant au Sénégal 

L'Afrique en marche du 8 février 2026 No 1112